Le milieu de travail des médecins : le vrai problème de l’accès

Montréal, le 31 août 2017 - Une enquête de l’Association médicale canadienne (AMC) auprès la profession médicale confirme que c’est l’environnement dans lequel les médecins travaillent qui les rend moins productifs.

Dans le cadre de cette enquête, plus de 7 000 médecins ont répondu à un sondage sur différents sujets portant sur leur pratique, notamment les heures de travail, la satisfaction professionnelle et l’accès aux services. 

Réalisé par l'AMC, ce sondage est la première édition d’une nouvelle mouture du Sondage national des médecins. Reprenant des questions posées aux médecins depuis 2004, il permet d’observer différentes tendances.

Si les médecins québécois voient moins de patients que leurs confrères du reste du Canada, ils travaillent pourtant presque autant qu’eux. Ils sont en effet ceux qui ont le plus augmenté leur charge de travail dans les deux dernières années (plus de 27 % contre près de 20,6 % en moyenne au Canada). Ils sont aussi moins nombreux à avoir réduit leurs heures de pratique (près de 24 % au Québec contre 30 % dans certaines provinces).

De plus, les médecins québécois, très présents à l’hôpital, font plus de gardes avec des soins directs aux patients : environ 52 heures par mois contre 38 heures en moyenne au Canada. Les médecins québécois sont ceux qui passent le moins de temps en cabinet et voient le plus souvent des patients à l’hôpital. Afin de répondre aux pressions de la population pour un meilleur accès, les gouvernements successifs ont imposé aux médecins pendant une décennie des réformes constantes, les poussant vers les urgences avant de les en sortir pour les ramener en cabinet.

Cette situation découle pourtant de problèmes organisationnels, comme l’a identifié l’Association médicale du Québec (AMQ) il y a déjà plusieurs années. L’État doit collaborer avec les médecins pour avoir des données solides sur ce qu’il faut transformer et changer les pratiques.

Même si le Québec a rattrapé une partie de son retard en matière d’informatisation, ce sondage confirme que les médecins québécois n’ont pas les outils informatiques dont ils ont besoin pour avoir une productivité comparable à celle des médecins du reste du pays.

« Alors que les médecins québécois augmentent leur temps de travail, la difficulté qu’ils ont à référer leurs patients à des collègues ou obtenir des informations avec un dossier médical efficace les empêche de voir le même nombre de patients que leurs confrères du reste du Canada. Les médecins font pourtant partie de la solution. Ils doivent participer à la réorganisation du réseau de la santé a déclaré le Dr Hugo Viens, président de l’AMQ. »


À propos de l’AMQ

L'Association médicale du Québec regroupe quelque 11 000 omnipraticiens, spécialistes, résidents et étudiants en médecine. Sa mission est de rassembler l’ensemble de la profession médicale du Québec dans un contexte de réflexion et d’action au bénéfice de la santé de la population.