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La santé des migrants ? Un parcours du combattant

L’AMQ et son comité étudiant étaient les fiers partenaires de la 3e édition du Symposium sur les populations vulnérables qui se tenait à l’Université de Montréal le 12 mai dernier. Réunissant une centaine d’étudiants et de professionnels de plusieurs disciplines de la santé, issus de toutes les facultés du Québec, ce symposium a pour but de sensibiliser les participants aux enjeux bio-psycho-sociaux des populations vulnérables québécoises. Le thème de cette année étant la santé des migrants, les ateliers et les conférences visaient plus particulièrement les enjeux de santé de leur parcours migratoire et de l’intégration dans leur pays d’accueil.

 

Symposium populations vulnerables3Témoignage touchant

En tête d’affiche, l’auteure Kim Thúy a raconté comment les conditions sanitaires et alimentaires ont marqué son parcours migratoire, au point où de graves allergies aux œufs et aux poissons ont disparu, son corps étant confronté à des conditions de survie extrêmes. Au travers de ses histoires, parfois drôles, parfois touchantes, Mme Thúy a sensibilisé son auditoire au rôle délicat des professionnels de la santé en contact avec les migrants pendant leur parcours migratoire. Émue, elle a raconté le moment où en Malaisie, lors de son évaluation de santé, une médecin a rapidement tiré sur son pantalon à bande élastique pour confirmer son sexe avant de le relâcher.    

Symposium populations vulnerables2

« J’ai encore le souvenir tellement profond de l’élastique qui pince ma peau. Un si petit geste, tellement anodin, mais qui m’a enlevé ma dignité. Comme médecin, comme professionnel de la santé, votre façon d’agir auprès des migrants est déterminante. Ce sont de très petites choses qui font en sorte de respecter la dignité d’un individu ou de la lui enlever » a souligné Mme Thúy.

 

S’exiler est une obligation, pas un choix!

Rachel Kiddell-Monroe est membre du conseil d’administration de MSF-international. Dès le début de sa carrière, elle a renoncé à des opportunités d’emploi comme avocate pour se consacrer à défendre les droits des migrants et tenter d’améliorer les conditions dans lesquelles leur parcours migratoire se déroule. Ses actions l’ont menée en Indonésie, à Djibouti, au Rwanda, en République du Congo et dans de nombreux pays d’Amérique latine. Partout, elle a tenté avec ses collègues de créer « une île sécuritaire au milieu d’une mer d’atrocité » pour ces personnes qui sont dans l’obligation de quitter leurs pays, leurs racines, leurs traditions et leur langue à cause de conflits violents. « Il y a un coût humain réel à l’indifférence des pays envers les migrants. » Avec des images frappantes, elle a démontré la dure réalité des migrants dans leur pays d’origine et les enjeux liés à la santé auxquels ils sont confrontés, pour aider les participants à mieux comprendre l’état de santé des migrants lors de leur arrivée au Québec.  

À la suite des conférences, six ateliers étaient ouverts aux participants pour approfondir des sujets tels que la toxicomanie et la santé mentale, la barrière langagière, les enjeux liés à l’absence de statut et de couverture médicale pour les migrants dans leur pays d’accueil, et les approches en périnatalité auprès des mères vulnérables. De plus, l’Association médicale canadienne a offert l’atelier Advocacy et Leadership, où les participants ont pu mieux comprendre les principes de la défense des droits et comment devenir des médecins engagés pour plaider en faveur de l’accès aux soins de santé des populations migrantes.   

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