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En partant à la rencontre des médecins dans leur milieu, l’AMQ a pu constater que nombre de ses membres s’investissent dans l’amélioration des soins et services au quotidien. De belles initiatives voient le jour un peu partout. Certaines gagneraient à être implantées ou adaptées ailleurs, mais pour cela encore faut-il savoir qu’elles existent! 

Si vous avez mis en place un projet qui mériterait d’être connu ou si vous connaissez des collègues membres qui l’ont fait, n’hésitez pas à communiquer avec l'AMQ. Cela nous fera plaisir de présenter vos réussites.

Les médecins doivent faire connaître les modèles à succès

Comme plusieurs des membres de l’AMQ, le Dr George Michaels, médecin de famille montréalais, estime qu’il faut revoir nos façons de faire si nous voulons répondre aux besoins de la population en matière de santé.

Persuadé que le patient doit être au centre des soins et de l’organisation des services de santé, ce médecin a toujours milité en ce sens, que ce soit à l’époque où il pratiquait et enseignait à l’hôpital St. Mary ou dans la clinique-MDCM, un groupe de médecine familiale (GMF) du Centre-Ouest de Montréal, dont il est aujourd’hui responsable.

DrViens DrGeorgesMichaels

Le Dr George Michaels a invité le président de l’AMQ, le Dr Hugo Viens,
à visiter la clinique-MDCM pour discuter avec lui de l’importance
que les médecins s’organisent.

« J’ai réussi à montrer à mes anciens collègues qu’un hôpital d’enseignement pouvait devenir un établissement centré sur le patient, et je suis persuadé qu’il doit en être de même avec un GMF », explique le Dr Michael. Pour lui, la continuité des soins et des services est primordiale et un GMF est une structure particulièrement bien adaptée à la prise en charge d’une population si tous les professionnels de la santé, médecins spécialistes et médecins de famille y compris, oublient la pratique en silo et collaborent.

Supprimer les silos pour centrer les soins sur les patients

La clinique-MDCM a été transformée en GMF en novembre 2016. Avec ses 33 médecins de famille, elle prend en charge plus de 37 000 patients inscrits pour qui elle obtient un taux d’assiduité de près de 82 %. Des médecins spécialistes y travaillent aussi. Pour le Dr Michaels, les médecins de famille et les spécialistes doivent s’occuper ensemble du suivi des patients : « Ils doivent se parler. Un médecin de famille doit pouvoir appeler un spécialiste pour lui référer un patient ou lui poser une question, mais le spécialiste doit aussi être en mesure de demander à un médecin de famille de prendre en charge un patient qu’il traite ou a traité. » Lorsque le Dr Michaels exerçait à l’hôpital St. Mary, il y a 20 à 30 ans, chacun pratiquait en silo et il a fallu casser le mur entre spécialistes et médecin de famille. Aujourd’hui, il faut faire de même dans les GMF entre les médecins et les autres professionnels de santé.

La clinique-MDCM, un GMF de niveau 9 comprend aussi des infirmières cliniciennes et des infirmières praticiennes, des travailleurs sociaux, un département de nutrition et les services d’une pharmacienne. Lors de l’intégration de ces professionnels, « nous avons voulu mettre l’accent sur la collaboration et la confiance », souligne le Dr Michaels, persuadé que le succès appelle le succès.

S’organiser entre médecins pour être mieux écoutés

Pour le Dr Michaels, les médecins doivent s’organiser s’ils veulent que leur pratique évolue pour le mieux. Selon lui, il faut faire comprendre aux gestionnaires et à la population que le modèle GMF, encore trop mal connu, est capable de répondre aux besoins en santé d’une population. Dans le CIUSSS auquel appartient la clinique-MDCM, les 14 GMF ont quelque 265 000 patients inscrits sur une population de 320 000 personnes, soit plus des deux tiers de la population du territoire couvert. Selon les discussions de la table de concertation des GMF de ce CIUSSS, si chaque médecin prenait 33 patients de plus, ils pourraient vider le Guichet d'accès à un médecin de famille (GAMF).

De plus, les bons taux d’assiduité de plusieurs GMF du CIUSSS Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal montrent que c’est possible de répondre aux besoins de cette population, y compris ceux des patients les plus vulnérables, ceux qui ont des besoins complexes ou sont en perte d’autonomie et nécessitent donc des soins à domicile.

Alors que près de 80 % des Québécois ont maintenant un médecin de famille, il est clair pour le Dr Michaels que l’assiduité et la capacité des médecins à vider les guichets d’accès sont des enjeux prioritaires de la première ligne. Il estime qu’il faudrait donc que les GMF se regroupent pour mieux se faire entendre des décideurs au niveau des CISSS, CIUSSS ainsi que du ministère de la Santé et des Services sociaux. Ils sont en effet capables de devenir des points de service responsables de la prise en charge et du suivi de la population d’un quartier, pour peu qu’on leur associe les Plans régionaux d'effectifs médicaux (PREM) nécessaires.

 DrGeorgesMichaels

 

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