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VOIR LE BON PROFESSIONNEL AU BON MOMENT

Quand j’ai accepté la présidence de l’AMQ, c’était pour participer à l’évolution des soins de santé. Le carcan actuel des modèles organisationnels et des modes de rémunération nous empêche d’avoir un système de santé digne du 21e siècle.

Chirurgien orthopédiste, je pratique dans un des plus gros services d’orthopédie, en termes de volume, au Québec. Des patients, nous en traitons! Et même si mes collègues et moi pouvions travailler encore plus, ce dont je ne suis pas sûr étant donné nos horaires, cela ne voudrait pas dire que nos patients bénéficieraient d’un meilleur service.

Pour cela, il faudrait qu’ils voient le bon professionnel de la santé au bon moment. Ce n’est pas une question d’argent. Ce n’est pas une question de volume. Mais d’équipe et d’organisation.

Actuellement, il n’y aucun endroit où l’on s’interroge pour savoir si je suis toujours la meilleure personne pour voir les patients. Personne non plus ne se demande si mon expertise de médecin est utilisée au mieux et à la valeur de ma compétence et de ce que je suis payé.

Des solutions terrain

Mes collègues et moi ne devrions pas avoir besoin de voir tous les patients présentant une problématique musculosquelettique à Saint-Jean-sur-Richelieu! Une bonne partie d’entre eux pourraient être vus par un physiothérapeute ou une équipe multidisciplinaire ce qui me permettrait de me concentrer sur ceux qui ont besoin d’une chirurgie. Mais le système de facturation ne me permet pas de le faire et il faut se sortir de ce carcan. On devrait séparer la rémunération de la facturation, ce qui est possible seulement si on lie le service à la facturation et non à l’acte du médecin. Ma pratique serait plus interactive, collégiale et intéressante, et mes patients bénéficieraient d’un service mieux adapté à leurs besoins.

Je sais ce dont a besoin la population de Saint-Jean-sur-Richelieu en matière d’orthopédie, parce que je connais les besoins des patients de ma région. Je sais comment améliorer mon milieu, parce que je compose avec ses travers depuis des années. Chacun d’entre vous connaît son milieu, les besoins de la clientèle dans son cabinet ou dans l’établissement de santé où il pratique. Si nous voulons changer les choses, il faut que tous les médecins, omnipraticiens comme spécialistes, discutent ensemble de ces enjeux importants avec le gouvernement et les autres acteurs du système de santé.

Travailler ensemble

Pour le moment, tout se fait derrière des portes closes, les médecins que le professionnalisme intéresse n’ont donc que la place publique pour s’exprimer. Nous devrions pourtant avoir cette discussion tous ensemble autour de la même table. Dans les derniers mois, j’ai ouvert le débat. Plusieurs d’entre vous ont appuyé ma démarche, d’autres ont estimé que je les représentais mal. Mais personne n’a remis en question le fait que nous sommes dans une situation de non-retour. Il suffit de voir les derniers sondages sur la santé des médecins : comme profession, nous allons mal.

Le système craque de partout parce que nous ne nous attaquons qu’aux symptômes au lieu de nous concentrer sur la cause de son état. Nous devons continuer le débat et œuvrer pour mettre en place des solutions. Une fois de plus, je vous appelle à communiquer avec moi (president@amq.ca), pour me dire comment vous changeriez vos milieux, quelles sont les solutions organisationnelles, qui selon vous, amélioreraient la qualité de nos pratiques.

Dr Hugo Viens, B. Sc., M. D., FRCSC 
Président de l'Association médicale du Québec

 

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