Ensemble, nous pouvons faire avancer le professionnalisme médical!

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C’est avec enthousiasme que je signe ici mon premier billet à titre de président de l’AMQ. Je suis fier du mandat que vous me confiez et soyez assurés que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour être à la hauteur de mes prédécesseurs ! Dans les derniers mois, l’AMQ a entrepris une réflexion en profondeur sur le professionnalisme qu’il faut maintenant aller porter sur la place publique et dans nos rangs. Et je m’y engage formellement devant vous.

Je suis en effet persuadé que c’est notre professionnalisme, et donc notre capacité à assurer un engagement envers la société et à répondre à ses attentes, qui nous permettra de retrouver la confiance de la population. 

Dans les dernières années, la couverture médiatique à propos de notre communauté médicale a laissé entendre que nous avions brisé notre contrat social avec la société. Aujourd’hui, la part du budget consacrée à la santé est de 51 % et, dans cela, il faut compter 21 % pour notre rémunération. Si notre compétence et la qualité de nos soins ne peuvent être remises en cause, il en va autrement de la reddition de compte et de l’intérêt du bien commun dans lesquels nous sommes également engagés. La population nous demande donc des comptes et veut que nous fassions passer l’intérêt de la société avant celui des médecins.

Nous ne sommes pas les seuls à la croisée des chemins. Nos collègues de l’Alberta, par exemple, ont déjà commencé à agir en ce sens. Ils se sont engagés à plafonner l’augmentation du budget de la santé en acceptant une réduction de leur rémunération s’ils n’arrivent pas, de concert avec leur gouvernement, à stabiliser les coûts dans le réseau. De plus, ils ont choisi de réformer leur première ligne selon un modèle qui permet un financement régional via des réseaux cliniques (les Primary Care Networks) dans lesquels ils assument une responsabilité populationnelle.

À titre de médecins, nous aussi devons prendre nos responsabilités au Québec. Chacun d’entre nous peut améliorer la qualité de sa pratique, en la rendant plus pertinente et en veillant à utiliser judicieusement les ressources publiques. Collectivement, notre profession doit se donner les moyens de jouer un rôle de leadership dans l’organisation et l’amélioration des services de santé à la population. Et nous sommes bien placés pour le faire. La profession médicale connait les besoins des patients et a les leviers pour améliorer l’organisation des services, notamment par l’intervention des médecins gestionnaires.

Depuis l’arrivée de l’état-payeur en 1970, nous nous débattons dans un ménage à trois, médecin-patient-État, où nous avons laissé « les négos » prendre toute la place. Aujourd’hui, nous devons rétablir le balancier et retrouver une responsabilité populationnelle. Je vous invite donc à vous mobiliser et à en débattre avec moi si vous le souhaitez.

C’est ensemble que nous pourrons faire avancer le professionnalisme. D’ailleurs, nous vous invitons à participer à notre tournée sur le professionnalisme qui se déplacera partout au Québec.

Merci de votre soutien et de votre engagement pour la profession médicale.

Le président,

Dr Hugo Viens, B. Sc., M. D., FRCSC