L’organisation des soins, ça se discute et c’est ce que nous faisons

AMQ info mars2018

Hugo viensDe plus en plus de médecins se rendent compte que le professionnalisme est une voie à suivre pour l’amélioration du système de santé. Dès leurs études en médecine, certains veulent d’ailleurs en apprendre plus à ce sujet, comme j’ai pu le constater récemment en allant en discuter avec une cinquantaine de nos futurs collègues lors d’une formation organisée par le Comité des étudiants de l’AMQ. Comme plusieurs de leurs confrères déjà en exercice, en plus de vouloir développer leurs compétences médicales, ces jeunes estiment que les médecins ont une responsabilité sociale collective et se demandent déjà comment ils pourront s’engager vis-à-vis de leur profession. C’est inspirant. 

Tout comme le débat actuel sur l’organisation des soins au Québec, qui nous ramène à la mission première de l’AMQ, notre raison d’être : le professionnalisme. C’est passionnant de voir le fruit de plusieurs années de travaux faire avancer le débat.

Depuis 2013, l’AMQ a entrepris toute une réflexion sur les enjeux de santé qui l’a amenée à mettre le doigt sur plusieurs défis rencontrés par le système de santé, que ce soit en termes d’organisation, de pertinence ou de leadership médical. En se penchant sur l’optimisation de la pratique clinique, l’AMQ a constaté qu’en réduisant le surdiagnostic on pouvait libérer des ressources humaines et économiques afin d’offrir des soins de meilleure qualité et un plus grand accès à ces soins. En 2015, nous avons amorcé une consultation sur le contrat social qui nous a permis de découvrir que la crédibilité de notre profession était plus que jamais remise en question et que nous devions faire preuve de leadership si nous voulions conserver notre autonomie professionnelle.

Nous en sommes ainsi venus en 2016 à la conclusion qu’il était nécessaire d’exprimer un nouveau leadership médical plus ouvert sur une collaboration interprofessionnelle intégrée et une gouvernance clinique dans laquelle gestionnaires et médecins se partageaient les responsabilités. Il est temps maintenant de passer à la vitesse supérieure, de sortir du carcan de la négociation. Les tarifs et la rémunération se négocient et c’est le rôle des fédérations. Les changements organisationnels se discutent et, pour ce faire, l’AMQ doit être à la table de discussion avec les autres acteurs du système de la santé. La profession médicale connaît en effet les besoins des patients et a les leviers pour améliorer l’organisation des services, notamment par l’intervention des médecins gestionnaires. 

Loin de la confrontation, l’AMQ a déjà fait les preuves qu’elle peut apporter des changements positifs, sur la pertinence des soins, en matière de leadership médical, mais aussi en s’associant avec des partenaires plus ou moins naturels (Collectif des 15 solutions avec la CSN, L'ACSSSS et l'Alliance des patients) pour présenter des solutions constructives qui bénéficieront aux médecins et à la population.

Le débat est lancé entre médecins et sur la place publique. À nous de continuer à le faire vivre par nos actions et notre professionnalisme.

Dr Hugo Viens, B. Sc., M. D., FRCSC 
Président de l'Association médicale du Québec