Une plénière attendue abordant la pratique défensive

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5 plénière pratique défensive.jpgMédecin de famille, membre du comité scientifique de cette 5e édition de Preventing Overdiagnosis et membre du conseil d’administration de l’AMQ, la Dre Guylène Thériault a animé une plénière très courue sur le thème Aborder la question de la pratique défensive. Trois conférenciers ont traité ce sujet sous des angles différents.

En utilisant un cas réel de poursuite, Mme Audrey Ferron Parayre, professeure adjointe à la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa, a démontré la valeur d’une décision partagée médecin-patient. Cet échange collaboratif est à la base du consentement aux soins et assure une communication adéquate entre le patient et le médecin. Sachant que les enjeux liés à la communication sont généralement au cœur des poursuites en responsabilité professionnelle, une meilleure communication patient-médecin constitue une bien meilleure protection légale que ne l’est la pratique de la médecine défensive.

Avocat spécialisé en bioéthique, Me Michel T. Giroux a débuté son exposé en rappelant que la question fondamentale en éthique est celle du sens de l’acte à poser. Puis, il a présenté une histoire de cas dans laquelle le décès de la patiente est vraisemblablement causé par des décisions cliniques discutables, mais correspondant aux désirs de proches menaçants. À la base d’une relation d’aide saine se trouvent la compétence professionnelle et l’impératif de la non-malfaisance, le primum non nocere. Un professionnel de la santé peut causer un tort à son patient, même en l’absence de mauvaise intention. La pratique défensive est une posture professionnelle dont l’intention est de placer son agent à l’abri des actions en justice. Le professionnel qui adopte une conduite marquée par la pratique défensive s’éloigne du sens que doit prendre la relation d’aide, celui de rechercher le bien-être du patient. L’émotion qui guide alors le professionnel est la peur. Cette émotion non surmontée empêche le professionnel d’exercer sa liberté de pratique dans l’intérêt du patient. 

La Dre Lorraine LeGrand Westfall, directrice des affaires régionales et chef de la protection des renseignements personnels de l’Association canadienne de protection médicale, a clairement démontré la différence entre les guides des ordres professionnels et ceux des sociétés de pairs tout en distinguant les plaintes du processus judiciaire. La Dre LeGrand Westfall a aussi abordé la question du code de déontologie des médecins. Elle a rappelé l’importance de ne pas utiliser les ressources de façon indue et qu’il faut que le médecin accorde la priorité au meilleur intérêt du patient en lui offrant l’information pertinente pour l’aider à prendre une décision libre et éclairée lors des discussions d’investigations ou de traitements.