Un colloque lucide, où la collaboration domine
Cette année encore, le Colloque médical étudiant du Québec, qui a pris place le 14 janvier 2012 à l’Université de Montréal, s’est avéré un considérable succès. C’est une centaine d’étudiants provenant des quatre facultés de médecine du Québec qui sont venus entendre les conférenciers de haut niveau qui étaient présents.
Cet événement, qui vient informer et favoriser les échanges d’opinions sur les différentes facettes de la profession médicale, s’est penché cette année sur les thèmes de l’interdisciplinarité et de la médecine humanitaire. Étant donné les débats actuels sur l’organisation des tâches des différents professionnels de la santé, la présence au colloque de sommités qui traitent quotidiennement de l’avenir du système de santé au Québec a permis aux étudiants de saisir l’essence même du sujet et d’ainsi mieux se préparer aux changements imminents de la pratique.
La journée a tout d’abord débuté avec une allocution du ministre de la Santé et des Services sociaux, le Dr Yves Bolduc qui s’est penché sur le rôle futur des étudiants en médecine ainsi que l’évolution du système de santé. Le Dr Bolduc a qualifié de choix purement personnels les conditions démesurées dans lesquelles certains médecins se permettent d’œuvrer, précisant qu’il n’y a aucune obligation à exercer de la sorte, chacun étant libre de fournir la part qui lui est jugée raisonnable. Ensuite, le ministre a tenu à rassurer les étudiants quant au contingentement de certaines spécialités versus l’augmentation des places dans les facultés, précisant que la répartition dans les différentes spécialités se fera en conséquence.
Par la suite, les étudiants présents ont assisté à un panel de cinq experts, animé par le Dr Alain Larouche, s’entretenant sur le principe d’interdisciplinarité et son rôle essentiel dans le système de santé québécois. Le Dr Jean-Bernard Trudeau, secrétaire adjoint à la Direction générale du Collège des médecins, a discuté des différents défis qui devront être relevés afin de bien implanter ce concept dans le milieu de travail. Ensuite, la Dre Ruth Vander Stelt, présidente de l’Association médicale du Québec, a entre autres traité des moyens entrepris dans les facultés afin d’outiller les étudiants à cette nouvelle méthode de travail. Puis, le président section Québec de l’Association canadienne des adjoints au médecin, M Louis-François Robichaud, a suscité différentes questions auprès des étudiants, qui montraient une connaissance modérée sur cette profession exclusive aux Forces canadiennes au Québec. Pour poursuivre, la description des rôles des infirmiers dans un contexte d’interdisciplinarité a été élaborée par Mme Geneviève Ménard, Directrice conseil aux affaires externes de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Par la suite, la présidente de l’Ordre des pharmaciens du Québec, Mme Diane Lamarre, a partagé son point de vue quant à l’organisation et les outils nécessaires pour une collaboration efficace.
La suite de la table ronde s’est vue agrémentée d’une période de questions par l’animateur et les étudiants. Parmi les sujets discutés, on note par exemple la description des ordonnances collectives et leur rôle dans l’interdisciplinarité. La nécessité de pourvoir le système de santé de moyens de communication efficaces et rapides afin de tenir l’équipe de soins à l’affut des changements au dossier a également été soulevé, spécialement en raison des nouvelles compétences acquises par les pharmaciens. Il a d’autre part été question de l’importance de faire reconnaître les capacités individuelles développées par chaque individu, dont la pratique pourrait augmenter la productivité.
Pour poursuivre, le Dr Tri-Minh Tran, médecin à LaSarre, et le Dr Marc-Antoine Parent, médecin aux Îles-de-la-Madeleine, se sont livrés une chaude discussion sur la place de l’interdisciplinarité en région. Malgré leur accord sur l’importance de la collaboration entre professionnels, les opinions divergeaient sur la méthode d’application. Notamment, le Dr Tran préconisait la tenue de rencontres multidisciplinaires afin de bien encadrer le patient, tandis que le Dr Parent préférait des discussions brèves dites « sur le pouce » en cas de besoin, ce qui illustre que l’interdisciplinarité est un concept qui doit s’adapter aux différents besoins et ressources du milieu.
La seconde partie du colloque s’est consacré à la médecine humanitaire en accueillant en premier lieu la Dre Louise Caouette-Laberge, chirurgienne plasticienne pédiatrique de renom spécialisée dans le traitement des fentes labio-palatines. Certes, l’œuvre de la médecine en milieu défavorisé constituant un facteur de premier plan au désir d’apprentissage de bien des étudiants, il est aisé de comprendre que l’admiration et l’émotion emplissaient la salle durant les anecdotes étalées par la Dre Laberge à son public. En outre, la conférencière a renseigné les futurs médecins sur les manières de faire leur part en aide humanitaire ainsi que l’importance de respecter les mœurs et les croyances spirituelles dans la pratique médicale. Puis, elle a partagé des méthodes de gestions de temps afin de conserver une vie saine et équilibrée.
Enfin, en vue d’informer les étudiants sur un moyen de s’impliquer à travers la planète, le Dr Nicolas Bergeron, psychiatre, est venu clore les conférences avec une présentation éloquente sur l’organisme pour lequel il est président : Médecin du Monde Canada. Le Dr Bergeron a d’ailleurs décrit concrètement comment se déroule une mission sur le terrain pour un médecin s’exécutant au nom de son organisation, en partageant entre autres son expérience en Haïti. Il a aussi tenu à souligner le climat collaboratif sur le terrain entre les différentes ONG qui se chevauchent.
Finalement, la journée s’est conclue avec un cocktail bières-tapas, offert par Sarros, où les participants ont pu discuter avec les pairs sur les différents sujets traités durant le colloque.
Nous tenons encore une fois à remercier toutes les personnes présentes qui ont permis de faire une fois de plus de cet événement une franche réussite.