Blogue de «La Relève»

Une quatrième édition du CMEQ riche d’apprentissage et de réflexion!

Annabelle Boucher-Beaudry

mardi 29 mars 2011

Droit et médecine : un mariage de raison
Une quatrième édition du CMEQ riche d’apprentissage et de réflexion!

Un beau succès, que cette quatrième édition du Colloque médical étudiant du Québec!

La journée d’information et de réflexion, articulée autour du thème Droit et médecine : un mariage de raison, qui s’est tenue le 15 janvier à l’Université de Montréal, a constitué une réelle réussite, avec plus de 180 inscriptions d’étudiants des quatre facultés de médecine du Québec et d’étudiants en droit de la santé!

Le succès rencontré tient sans doute au thème même du colloque qui, en s’inscrivant dans la dynamique entre les aspects légaux et cliniques, soulève des enjeux d’actualité tels que l’euthanasie et le droit de mourir dans la dignité. Avec un tel sujet, qui nous questionne tous autant qu’il nous touche, et des conférenciers de haut calibre pour en débattre, il est aisé de s’imaginer à quel point les conférences ont toutes été aussi riches et porteuses de réflexion les unes que les autres.

D’entrée de jeu, la Pre Suzanne Philips-Nootens, professeure et titulaire principale de la Chaire de droit et de gouvernance de la santé de l’Université de Sherbrooke, s’est intéressée aux problèmes de définition des frontières régissant les décisions de fin de vie d’un point de vue médical. Où commence l’acharnement thérapeutique? Quand l’euthanasie peut-elle être légitime, légalement et moralement acceptable? La professeure titulaire a fait un rappel exhaustif de l’état actuel du droit au Québec et au Canada en abordant certains concepts, tels le respect de la dignité humaine et de la liberté individuelle, à l’origine de l’ouverture d’esprit face à l’euthanasie. Enfin, la conférencière a mis en lumière la situation actuelle du débat sur l’euthanasie au Québec, après une étude des retombées de l’expérience des Pays-Bas et de la Belgique.

Certes, s’il est un espace où la jonction entre droit et médecine peine à s’articuler clairement, c’est bien dans l’épineuse question de l’euthanasie et du rôle du médecin face aux soins de fin de vie. C’est dans cet esprit que le Dr Marcel Boisvert et le Dr Serge Daneault, coauteurs du livre Être ou ne plus être : débat sur l’euthanasie, ont été invités à partager leur point de vue. Pour le Dr Marcel Boisvert, ce n’est pas la vie qui devrait être sacrée, mais plutôt la personne. Pour sa part, le Dr Serge Daneault a souligné que sans la vie, il n’y a pas d’individu, et que, dès lors, il n’y a plus d’autonomie qui tienne. L’aspect sacré de la vie devrait donc, selon lui, avoir préséance sur l’aspect sacré de la personne. Et s’ils l’ont exprimé à travers des moyens différents, les deux conférenciers ont souligné que le rôle du médecin doit être d’accompagner son patient, dans son passage dans la vie comme dans celui vers la mort.

Dans un autre ordre d’idées, la journée d’information et de réflexion Droit et médecine : un mariage de raison a permis aux futurs médecins de se familiariser davantage avec des notions essentielles de gestion des risques, de droit des usagers et de responsabilité médicale. Ainsi, avec une pointe d’humour, Me Jean-Pierre Ménard a fourni quelques petits trucs pour passer moins de temps au tribunal qu’à l’hôpital... Il a rappelé que même si les disciplines médicales à risque foisonnent (gynécologie, anesthésie, chirurgie, etc.) et que les médecins peuvent commettre des erreurs, la notion de responsabilité repose sur la nécessité de la présence d’une faute, d’un dommage et de leur lien de causalité. Et au-delà des trucs de base (comme la clarté et la qualité des notes inscrites dans le dossier du patient), Me Ménard a rappelé l’importance de la communication avec le patient comme pré-requis au « Guide de survie juridique », ainsi que le caractère impératif de la transparence.

Enfin, afin d’aider les futurs médecins à être mieux outillés face aux impératifs médico-légaux, le Dr Jacques Guilbert, médecin-conseil en gestion des risques, a présenté aux étudiants l’organisation pour laquelle il œuvre, l’Association canadienne de protection médicale, ainsi qu’un aperçu de la façon dont l’ACPM peut assister et aider les futurs médecins. Chef de file en gestion des risques médico-légaux au Canada et à l’étranger, l’Association participe pleinement à l’émancipation de la sécurité dans les soins de santé au pays. Le Dr Jacques Guilbert a illustré ses propos à travers des cas vécus par les médecins et leurs patients, parfois loufoques, parfois choquants ou troublants.

Louis Couturier, président du Regroupement des étudiants de l’AMQ et étudiant à l’Université de Sherbrooke et Annie Genois, représentante à l’externat du Regroupement des étudiants de l’AMQ à l’Université de Montréal, ont tous deux offert une animation de qualité. La journée s’est achevée en beauté, avec une soirée vins-fromages où les participants pouvaient échanger, encore tout animés des réflexions soulevées par les conférenciers.

Le Dr Jean-François Lajoie, président de l’Association médicale du Québec, ainsi que toute l’équipe présente sur les lieux de l’événement, a tenu à saluer la qualité de cette quatrième édition du Colloque médical étudiant du Québec, et à féliciter tous les étudiants qui, de près ou de loin, ont contribué à ce succès.

Si vous n’avez pas eu la chance d’assister au Colloque médical Droit et médecine : un mariage de raison, il vous est possible de visionner les conférences sur le site Internet de l’Association médicale du Québec http://www.amq.ca/index.php.

Rédaction : Annabelle Boucher-Beaudry

Version imprimable

 CMEQ

Ajouter un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir