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Des études pancanadiennes confirment l’existence d’un problème de surdiagnostic (Communiqué)

jeudi 31 mars 2016

Montréal, le 31 mars 2016 ¾  La 1ère rencontre nationale de Choisir avec soin avait lieu hier, à Toronto. Dans le cadre de cet événement, plusieurs études ont été publiées et ont confirmé l’évidence : il y a bel et bien de nombreux cas de surdiagnostic au Canada. Les données avancées dans ces différentes études témoignent que celles fournis par l’Association médicale du Québec (AMQ), à l’occasion de son congrès annuel de 2013, étaient fondées.

Les chiffres obtenus par le biais de ces études recoupent en effet ceux qu’avait présentés l’AMQ. En moyenne, c’est entre 17 % à 30 % des tests diagnostics et des interventions médicales qui ont une faible valeur, sont non nécessaires ou même préjudiciables pour la santé des patients. Au Québec, l’AMQ avait évalué que ce phénomène représentait de trois à cinq milliards de dollars dépensés chaque année pour des examens et traitements qui n’apportent rien.

Les études présentent, à titre d’exemple pour l’ensemble du Canada, que près de 740 000 tests de dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus ont été effectués auprès de femmes dont l’âge ne se situait pas dans les fourchettes recommandées. Environ 30 % des patients souffrant de maux de dos passent un scan alors qu’aucune indication ne le justifie. 18 % à 35 % des patients ayant subi une chirurgie mineure et ne présentant pas de risque élevé ont subi des tests préopératoires inutiles. Quelque 17 000 patients atteints de cancer ont également reçu un traitement  n’apportant qu’une faible valeur thérapeutique, alors que 9 000 autres patients en fin de vie ont été admis dans une unité de soins intensifs, un environnement qui ne permettait pas de répondre de façon optimale à leurs besoins.

« Les différentes études détaillent plusieurs pratiques sans grande valeur pour les patients, parfois même inutiles, qui pourraient être évitées. Les chiffres sont réels, ils sont probants. À chaque cas de surdiagnostic, ce sont des ressources perdues qui pourraient être réaffectées ailleurs pour le plus grand bénéfice de tous », a précisé Dre Yun Jen, présidente de l’AMQ.

Le Québec bon dernier

La campagne Choisir avec soin, une campagne qui vise à sensibiliser aux conséquences de ce phénomène,  fait depuis plusieurs années nombre de recommandations en matière de prévention et de remise en question des tests et procédures inutiles. Les médecins québécois avaient été les premiers au pays à signaler l’urgence d’agir en la matière et à démarrer un travail de sensibilisation. Pourtant, alors que les ressources sont limitées et que le gouvernement québécois cherche tous les jours une affectation plus judicieuse des sommes et une performance améliorée du système de santé, le Québec demeure la seule province canadienne qui n’a pas de programme bien établi pour enrayer la situation et la seule à ne pas être transparente au niveau de ses données.

« Ailleurs au pays, les gouvernements et la profession médicale collaborent dans la mise en place de programmes et de partage des données afin de s’assurer que les interventions sont pertinentes et de qualité. Le surdiagnostic existe et il peut être enrayé, il faut donc agir maintenant», de conclure Dre Jen.