Communiqué : Pénurie de médicaments génériques

Vers une révision en profondeur des mécanismes d’approvisionnement des médicaments génériques

Montréal, le 28 mars 2012 – Face à la situation actuelle de pénurie de plusieurs médicaments génériques essentiels, l’Association médicale du Québec (AMQ) réclame du gouvernement du Québec une révision complète du processus d’approvisionnement de ces médicaments.

« Il faut notamment mettre fin à la situation inacceptable de dépendance des professionnels et des établissements, envers un fournisseur unique de médicaments génériques, déclare la présidente de l’AMQ, la Dre Ruth Vander Stelt. Nos membres nous mentionnent qu’ils sont de plus en plus interpellés par leurs patients qui sont inquiets de la situation actuelle et qui se demandent s’ils seront les prochains à faire les frais de la pénurie de médicaments. »

Une récente consultation réalisée par l’AMQ auprès de ses membres révèle une profonde inquiétude face à la pénurie de médicaments. Pas moins de 87 % des médecins répondants ont déclaré que la pénurie de médicaments était soit assez, soit très préoccupante. Près de 50% des médecins répondants constatent qu’ils consacrent une part accrue de leur temps, non pas à soigner les malades, mais plutôt à consulter des pharmaciens en vue de trouver des solutions de rechange à la pénurie observée.

La présidente de l’AMQ souligne que l’industrie pharmaceutique doit faire un sérieux examen de conscience. « Il est indispensable que l’industrie pharmaceutique adopte des mécanismes permettant, sur une base continue, d’informer les professionnels et les établissements de la disponibilité des médicaments en temps réel et des prévisions de diminution de production des stocks, souligne la Dre Vander Stelt. Personne, pas un seul malade, pas un seul médecin, pas un seul pharmacien, ne peut accepter que l’industrie pharmaceutique ne se déleste de ses responsabilités. »

Mais selon l’Association médicale du Québec, le gouvernement du Québec a aussi sa part de responsabilités. « Le processus d’approvisionnement des médicaments qui se traduit par un fournisseur unique a ses limites. Il faut envisager une refonte de ce processus de façon à ce que les établissements et les professionnels aient accès à plusieurs fournisseurs. »

La présidente de l’AMQ a souligné que plusieurs membres de l’AMQ ont évoqué la création d’une société d’État chargée de superviser la production et la distribution de médicaments génériques au Québec. Selon elle, cependant, cette avenue est prématurée. « C’est peut-être une solution, mais ce n’est pas la seule. Il faut d’abord travailler à mettre fin aux situations de monopole des fabricants de médicaments et à faire appel au sens de l’éthique de toutes les entreprises pharmaceutiques. D’ici là, les médecins du Québec, de concert avec leurs collègues pharmaciens, continueront à déployer tous les efforts nécessaires pour assurer la qualité et la sécurité des soins aux patients », conclut la présidente de l’AMQ.

À propos de l’AMQ

L'AMQ regroupe près de 10 000 omnipraticiens, spécialistes, résidents et étudiants en médecine. Sa mission est de rassembler l’ensemble des membres de la profession médicale du Québec, dans un contexte de réflexion et d’action, afin d’améliorer les conditions de pratique de la médecine et la santé de la population québécoise.

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Pour une entrevue avec la Dre Ruth Vander Stelt, communiquez avec :

Mélissa Bourgoin
Conseillère en communication
Association médicale du Québec
Téléphone 514.866 0660 (sans frais : 1-800-363-3932)
Cellulaire : 514.703 4910 melissa.bourgoin@amq.ca