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L’innovation n’est pas toujours là où on l’attend

Parfois, il suffit de prendre un enjeu et de le regarder sous un nouvel angle pour se rendre compte qu’il est nécessaire de penser autrement si l’on veut trouver des solutions novatrices.

En médecine, la routine n’existe pas. On a beau avoir des protocoles formatés, on finit toujours par rencontrer un cas qui ne cadre pas avec ce que l’on a appris. Peut-être est-ce pour cela que nous tenons si fort à notre autonomie, mais aussi que nous sommes capables de sortir des sentiers battus.

J’en ai encore eu la preuve récemment lors du premier Sommet sur la santé organisé par l’AMC. Plusieurs centaines de participants, des médecins, mais aussi des patients et des intervenants de tout horizon se sont rencontrés pour réfléchir à la façon de se préparer à l’avenir en santé.

L’idée était évidemment de voir comment mettre à profit les progrès technologiques d’aujourd’hui et de demain, mais aussi plus largement de se demander comment créer des milieux où l’innovation peut nous aider à améliorer et démocratiser les soins. Une mission qui rejoint celle de l’AMQ puisque cela fait des années que nous incitons les médecins à s’engager, à être des leaders du changement, à prendre conscience de leur responsabilité professionnelle, bref, à exercer leur professionnalisme.

Reste que bien souvent, on voit l’innovation par la petite lorgnette des nouvelles technologies comme un nouveau gadget ou un appareil dit intelligent qui sera enfin capable de nous inciter à jeter nos fax… de la même façon que l’on a remisé nos vieilles cassettes VHS ou nos CD en téléchargeant films et musique.

Mais l’innovation, c’est bien plus que cela. C’est être capable de réinventer la façon dont on accueille nos patients dans un GMF pour qu’ils soient associés à une équipe médicale et non plus considérés comme faisant partie de la patientèle d’un médecin. C’est être capable de faire venir des scribes dans une urgence montréalaise pour permettre aux médecins d’être plus efficaces. C’est être capable d’adopter un nouveau traitement pour une pathologie tout en sachant remettre en question ses vieilles habitudes parce que les dernières études montrent qu’une approche à propos d’un dépistage systématique n’est pas optimale. C’est être capable de discuter avec nos patients pour leur permettre de faire des choix éclairés pour leur santé.

Nous devons aussi accepter de nouvelles façons de dispenser les soins, comme le Mouvement Innovation en santé nous incite à le faire. Dans notre quotidien, nous rencontrons de plus en plus d’exemples de nouvelles pratiques comme des cliniques virtuelles ou des téléconsultations. Et comme la population semble y être prête, il est temps de nous ouvrir à de nouveaux partenaires en santé issus du milieu privé ou technologique pour offrir des soins couverts plus accessibles.

Bien sûr, parmi ces innovations certaines fonctionneront et seront adoptées, d’autres ne feront pas long feu, mais il faut accepter de donner la chance au coureur, accepter que pour faire mieux, parfois certains se tromperont. Tous les médecins que j’ai vus essayer d’innover en matière d’organisation, se lancer en affaire, créer un logiciel, un nouveau stent ou une visse orthopédique, adopter de nouvelles pratiques ou remettre en question leur façon de faire, avaient un point commun : tous ont voulu voir plus grand que leur pratique individuelle.

Indépendamment de chaque projet, ce sont des gens qui ont décidé de faire mieux, qui ont essayé quelque chose. Et en ces temps d’élection et d’incertitude quant à l’avenir de notre système de santé, j’ai envie de dire merci à tous ceux qui s’impliquent pour bonifier le système, leur façon de faire ou d’interagir avec les patients, car notre but commun est finalement d’améliorer la santé des patients et de la population.

Dr Hugo Viens, B. Sc., M. D., FRCSC 
Président de l'Association médicale du Québec

 

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