Ce que promet le Parti Libéral du Québec

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Élections québécoises 2018

Alors que le Québec est plongé dans la campagne électorale, l’AMQ surveille de près les engagements que formulent les différents partis politiques en matière de santé et de services sociaux. D’ici le 1er octobre, nous vous partagerons une synthèse des orientations et des engagements des différents partis politiques.

Ce que promet le Parti Libéral du Québec

De nouvelles cibles pour les médecins de famille

Le Parti libéral du Québec (PLQ) ne compte pas revenir sur l’entente qu’il a signée avec les médecins spécialistes. En revanche, les médecins de famille seraient sanctionnés par un gouvernement libéral si la cible de prise en charge de 90 % de la population n’était pas atteinte d’ici 2022, ce qui représente environ 900 000 patients de plus.

Rappelons que la Loi 20, adoptée en 2015, prévoyait également des pénalités financières pour les omnipraticiens si moins de 85 % de la population n’avait pas accès à un médecin de famille à la fin de l’année 2017 – une mesure suspendue à l’heure actuelle. Le premier ministre sortant, Philippe Couillard, s’est également engagé à ce qu’un taux d’assiduité de 95 % soit respecté par les omnipraticiens, toujours d’ici la fin d’un éventuel prochain mandat.

Plusieurs mesures pour les aînés

Les conditions de vie en CHSLD ont fait les manchettes pendant plusieurs mois au cours de la dernière année : La qualité de la nourriture, le nombre de bains offerts, les conditions de travail du personnel, la climatisation, etc. Évidemment, les soins aux aînés sont devenus un enjeu électoral majeur pour lequel tous les partis proposent des solutions.

De leur côté, les libéraux se sont notamment engagés à poursuivre le projet-pilote sur les ratios patients-infirmière, à ajouter 1500 places en CHSLD et à mettre en place une ligne d’écoute destinée aux aînés afin de briser l’isolement.

Dans la foulée, une somme supplémentaire de 50 millions de dollars par année serait injectée dans les soins à domicile, dont l’enveloppe s’élève actuellement à 150 millions et les familles accueillant un proche aîné bénéficieraient d’un crédit d’impôt pour la rénovation résidentielle. 

De la continuité

Plusieurs engagements du PLQ visent à poursuivre les travaux amorcés au cours de leur dernier mandat. En effet, si réélu, le Parti Libéral ouvrirait 25 supercliniques supplémentaires qui s’ajouteraient aux 50 déjà promises, dont 49 sont en service. De la même façon, les libéraux auraient toujours comme objectif de déployer 2000 super-infirmières dans le réseau d’ici 2024-2025.

D’autres promesses en santé :

  • Élargir la couverture des soins dentaires.
  • Augmenter le financement des établissements de 4,2 % par année, une hausse si l’économie le permet.
  • Augmenter de 50 millions de dollars par année le financement des soins à domicile, actuellement de 150 millions.

 

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Ce que promet Québec Solidaire

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Élections québécoises 2018

Alors que le Québec est plongé dans la campagne électorale, l’AMQ surveille de près les engagements que formulent les différents partis politiques en matière de santé et de services sociaux. D’ici le 1er octobre, nous vous partagerons une synthèse des orientations et des engagements des différents partis politiques.

Ce que promet Québec Solidaire

Bonification de la couverture des soins dentaires

Une des promesses phares de Québec Solidaire (QS) est celle de la pleine couverture publique des soins dentaires pour les mineurs. De plus, à compter de l’âge adulte, un citoyen verrait certains soins remboursés à hauteur de 80 % (nettoyage et soins de prévention) ou 60 % (soins médicaux curatifs).

Selon le baromètre des promesses politiques de la firme LÉGER1 , QS aurait visé dans le mille avec cette proposition qui se place au 2e rang des engagements les plus populaires, juste en dessous de la promesse caquiste de réduire le temps d’attente aux urgences à 90 minutes.

Les critiques ont mis en doute les caractères réaliste et raisonnable d’une telle mesure, chiffrée par QS à 950 millions de dollars annuellement. Québec Solidaire justifie l’ampleur de son investissement par l’importance des frais actuellement assumés par le système de santé public alors que 5700 enfants subissent chaque année une chirurgie dentaire sous anesthésie, par manque de prévention2.

Rémunération des médecins : « mettre fin à l’hémorragie des fonds publics »3

C’est par ce deuxième engagement que QS prévoit financer le premier : diminuer de 12 % la rémunération des médecins spécialistes afin de permettre à l’État de récupérer un montant de 925 millions de dollars.

À l’instar du Parti Québécois et de la Coalition Avenir Québec, QS souhaite que les modes de rémunération des médecins soient révisés, mais il clair pour le parti qu’un gouvernement Solidaire réinstaurerait le salariat dans les établissements publics.

D’autres promesses en santé :

  • Une offre de soins à domicile élargie
  • Des CLSC ouverts 24 h sur 24
  • Un Régime d’assurance médicaments public et universel (RAMPU)
  • Un pôle public d’achats groupés, de production de médicaments génériques, de recherche et d'innovation pharmaceutiques (Pharma-Québec)

 

__________________________________

[1] Élections provinciales: quelles promesses sont les plus populaires?, Journal de Montréal - Août 2018

[2] Site Internet de Québec Solidaire

[3] Page Facebook de Gabriel Nadeau-Dubois

 

Voir aussi :

Ce que promet le Parti libéral du Québec

Survol des orientations en santé de la Coalition avenir Québec - AMQ-info de Juin 2018

Survol des orientations en santé du Parti Québécois - AMQ-info de Juin 2018

 

 

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Conférence canadienne de 2019 sur le leadership des médecins

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Conférence canadienne de 2019 sur le leadership des médecins

La prochaine Conférence canadienne sur le leadership des médecins, coparrainée par Joule et la Société canadienne des leaders médicaux (SCLM), se déroulera les 26 et 27 avril 2019, à Montréal.

Cet événement annuel est l'occasion pour la SCLM de réunir plusieurs centaines de médecins leaders de partout au Canada et de leur offrir la possibilité de compléter leur expertise clinique par des compétences pratiques en leadership et en gestion, de réseauter et de célébrer le leadership des médecins.

C’est à l’hôtel Fairmont Reine Élisabeth que plusieurs conférenciers se réuniront autour du thème : « Diversité, inclusion et engagement: le défi du leadership ». Des formations seront offertes en préconférence les 24 et 25 avril 2019.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur cet événement, visitez le site Web de la Conférence canadienne sur le leadership des médecins (en anglais seulement).

 

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Le colloque médecins gestionnaires sur le thème de la prévention des conflits

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Le colloque médecins gestionnaires sur le thème de la prévention des conflits

Visuel Home ColloqueMG2018Les conflits sont une composante de la vie d’une équipe de travail. À titre de médecin gestionnaire, vous avez la particularité de devoir gérer une équipe de médecins travailleurs autonomes, ce qui rend votre rôle de gestionnaire un peu plus complexe. Votre expérience vous a démontré qu’il est impossible d’éviter tous les conflits, mais vous pouvez certainement aiguiser vos capacités à les anticiper et à mettre en place les bonnes stratégies pour en minimiser les effets négatifs.

C’est ce que vous apprendrez lors du 4e Colloque pour les médecins gestionnaires de l’AMQ où se succèderont plusieurs conférenciers autour du thème « Prévention des conflits : de la confrontation à la collaboration » le vendredi 30 novembre 2018 à l’Hôtel Vogue de Montréal.

Le programme préliminaire est disponible sur le site Web du colloque.

Le coût d’inscription de 370 $ est le même que l’an dernier. Les places étant limitées, il vous est conseillé de vous inscrire rapidement si vous souhaitez y participer.

Pour accéder au formulaire d’inscription, cliquez ici ou visitez colloqueamq.ca.

 

 

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Les messages Twitter et Facebook du mois

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L’innovation n’est pas toujours là où on l’attend

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L’innovation n’est pas toujours là où on l’attend

Parfois, il suffit de prendre un enjeu et de le regarder sous un nouvel angle pour se rendre compte qu’il est nécessaire de penser autrement si l’on veut trouver des solutions novatrices.

En médecine, la routine n’existe pas. On a beau avoir des protocoles formatés, on finit toujours par rencontrer un cas qui ne cadre pas avec ce que l’on a appris. Peut-être est-ce pour cela que nous tenons si fort à notre autonomie, mais aussi que nous sommes capables de sortir des sentiers battus.

J’en ai encore eu la preuve récemment lors du premier Sommet sur la santé organisé par l’AMC. Plusieurs centaines de participants, des médecins, mais aussi des patients et des intervenants de tout horizon se sont rencontrés pour réfléchir à la façon de se préparer à l’avenir en santé.

L’idée était évidemment de voir comment mettre à profit les progrès technologiques d’aujourd’hui et de demain, mais aussi plus largement de se demander comment créer des milieux où l’innovation peut nous aider à améliorer et démocratiser les soins. Une mission qui rejoint celle de l’AMQ puisque cela fait des années que nous incitons les médecins à s’engager, à être des leaders du changement, à prendre conscience de leur responsabilité professionnelle, bref, à exercer leur professionnalisme.

Reste que bien souvent, on voit l’innovation par la petite lorgnette des nouvelles technologies comme un nouveau gadget ou un appareil dit intelligent qui sera enfin capable de nous inciter à jeter nos fax… de la même façon que l’on a remisé nos vieilles cassettes VHS ou nos CD en téléchargeant films et musique.

Mais l’innovation, c’est bien plus que cela. C’est être capable de réinventer la façon dont on accueille nos patients dans un GMF pour qu’ils soient associés à une équipe médicale et non plus considérés comme faisant partie de la patientèle d’un médecin. C’est être capable de faire venir des scribes dans une urgence montréalaise pour permettre aux médecins d’être plus efficaces. C’est être capable d’adopter un nouveau traitement pour une pathologie tout en sachant remettre en question ses vieilles habitudes parce que les dernières études montrent qu’une approche à propos d’un dépistage systématique n’est pas optimale. C’est être capable de discuter avec nos patients pour leur permettre de faire des choix éclairés pour leur santé.

Nous devons aussi accepter de nouvelles façons de dispenser les soins, comme le Mouvement Innovation en santé nous incite à le faire. Dans notre quotidien, nous rencontrons de plus en plus d’exemples de nouvelles pratiques comme des cliniques virtuelles ou des téléconsultations. Et comme la population semble y être prête, il est temps de nous ouvrir à de nouveaux partenaires en santé issus du milieu privé ou technologique pour offrir des soins couverts plus accessibles.

Bien sûr, parmi ces innovations certaines fonctionneront et seront adoptées, d’autres ne feront pas long feu, mais il faut accepter de donner la chance au coureur, accepter que pour faire mieux, parfois certains se tromperont. Tous les médecins que j’ai vus essayer d’innover en matière d’organisation, se lancer en affaire, créer un logiciel, un nouveau stent ou une visse orthopédique, adopter de nouvelles pratiques ou remettre en question leur façon de faire, avaient un point commun : tous ont voulu voir plus grand que leur pratique individuelle.

Indépendamment de chaque projet, ce sont des gens qui ont décidé de faire mieux, qui ont essayé quelque chose. Et en ces temps d’élection et d’incertitude quant à l’avenir de notre système de santé, j’ai envie de dire merci à tous ceux qui s’impliquent pour bonifier le système, leur façon de faire ou d’interagir avec les patients, car notre but commun est finalement d’améliorer la santé des patients et de la population.

Dr Hugo Viens, B. Sc., M. D., FRCSC 
Président de l'Association médicale du Québec

 

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Mouvement innovation santé

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Mouvement innovation santé

Différents partenaires du réseau de la santé qui croient en l’innovation pour améliorer les soins de santé se sont associés pour lancer le Mouvement innovation santé.

Les acteurs de ce mouvement qu’appuie l’AMQ constatent tous les jours que de plus en plus d’entrepreneurs en santé investissent dans le réseau de la santé. Des initiatives qui permettent de répondre à plusieurs besoins de la population sans que les Québécois n’aient à débourser d’argent pour obtenir des soins couverts par la RAMQ. Ils estiment donc qu’il est temps de passer à la vitesse supérieure, de faire connaître ces solutions novatrices et de faciliter l’implantation d’autres initiatives faisant appel à des partenaires externes que ce soient des entreprises privées, des OBNL ou des coopératives. 

ACTION Mouvement Innovation

Plusieurs pays européens ont un système public basé sur les principes d’universalité et d’équité dans l’accès aux soins, et favorisent cependant un éventail diversifié d’offreurs de services. Au Québec, si le privé est très présent dans le réseau, c’est méconnu, voire mal vu. Pourtant la population est de plus en plus ouverte* à une participation accrue d’établissements privés, coopératifs ou à but non lucratif dans la livraison des soins et services de santé.

Les données probantes vont aussi dans ce sens. Des chercheurs de HEC ont par exemple démontré que la contribution du secteur privé dans la prestation est significative parmi les pays reconnus pour leur performance en santé.

 

 

Pour en apprendre plus sur le Mouvement innovation santé et les initiatives québécoises répertoriées, rendez-vous sur innovationsante.ca.

*Marie-Hélène Jobin et al., Des idées en santé pour le Québec, Rapport de recherche du Pôle-santé HEC Montréal, avril 2017.

 

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Pour une pratique éclairée : Résultats du sondage des participants à la formation

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Pour une pratique éclairée : une utilisation judicieuse des examens et traitements

Résultats du sondage des participants à la formation

 

 

 

Quand soigner sans nuire devient une vocation

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En partant à la rencontre des médecins dans leur milieu, l’AMQ a pu constater que nombre de ses membres s’investissent dans l’amélioration des soins et services au quotidien. De belles initiatives voient le jour un peu partout. Certaines gagneraient à être implantées ou adaptées ailleurs, mais pour cela encore faut-il savoir qu’elles existent! 

Si vous avez mis en place un projet qui mériterait d’être connu ou si vous connaissez des collègues membres qui l’ont fait, n’hésitez pas à communiquer avec l'AMQ. Cela nous fera plaisir de présenter vos réussites.

Quand soigner sans nuire devient une vocation

MEMBRE RenéWittmerDès ses études en médecine, le Dr René Wittmer, aujourd’hui formateur au programme Pour une pratique éclairée : une utilisation judicieuse des examens et des traitements*, s’est interrogé sur les dessous du surdiagnostic. Alors qu’il effectuait des stages de santé communautaire, il a été marqué par des discussions sur l’importance de l’approche populationnelle et de la nécessité de comprendre qu’étant donné les ressources limitées, il faut qu’elles aillent au bon endroit, pour les bonnes personnes, au bon moment. « Cela m’a amené à faire des lectures avec des collègues sur certains programmes de dépistage pour voir la force des données qui les sous-tendaient. » Des lectures qui lui ont permis de constater que le surdiagnostic est inhérent au dépistage systématique. Sensibilisé à cet enjeu complexe, il a décidé de s’informer plus en profondeur et de voir comment, dans sa pratique quotidienne, il pouvait réduire ses effets négatifs.

Médecin de famille en CLSC et GMF-U, le Dr Wittmer enseigne aux résidents et aux externes. Il a une pratique variée avec du suivi clientèle en bureau, des soins à domicile, des cliniques ITSSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang) et de l’hospitalisation à l’hôpital Notre-Dame.

Voulant s’engager pour lutter contre les problématiques du surdiagnostic et de la surmédicalisation, c’est tout naturellement qu’il a voulu vérifier si le programme mis en place par l’Association médicale du Québec (AMQ) et le Collège québécois des médecins de famille (CQMF) pouvait répondre à ses besoins et à ses aspirations. 

De participant à facilitateur

En participant à un atelier, il a rapidement compris qu’il se reconnaissait dans cette formation. « Je trouve que les messages sont pertinents et ce sont ceux que j’essayais déjà de véhiculer dans ma pratique et de transmettre à mes résidents en clinique. Encore aujourd’hui ce sont les messages que j’utilise au quotidien », explique-t-il.

Selon lui, le programme Pour une pratique éclairée est vraiment à part, parce qu’il donne accès à des outils concrets, mais aussi parce que les formateurs qui les animent sont avant tout des facilitateurs.  « Beaucoup des messages que les participants retiennent viennent des discussions qu’ils ont entre eux », précise le Dr Wittmer. Les animateurs sont quant à eux surtout là pour faciliter la discussion et apporter des données probantes : « les participants tirent d’eux-mêmes leurs propres conclusions », ajoute-t-il. L’idée est en effet d’amener les gens à réfléchir sur leur pratique et à voir comment il leur est possible de freiner le surdiagnostic et la surmédicalisation.

« C’est extrêmement concret », raconte le Dr Wittmer. Au cours de la journée, les participants découvrent des études de cas à partir desquelles ils peuvent réfléchir à la façon d’utiliser certains outils dans une situation donnée et des façons de composer avec les obstacles qui peuvent se dresser au quotidien.

Des outils qui permettent d’adopter de nouvelles façons de faire

Comme la grande majorité des médecins, des résidents et des autres cliniciens qui participent à ce programme, le Dr Wittmer a adopté de nouvelles façons de faire (voir les résultats du sondage des participants à la formation). « J’avais des notions sur le surdiagnostic et de comment le freiner, mais je manquais d’outils pour le faire dans ma pratique et y arriver dans un temps restreint », explique-t-il. Avec la formation, il a découvert comment intégrer des outils d’aide à la décision partagée dans sa pratique quotidienne, notamment des outils d’aide à la décision clinique et à la décision partagée avec les patients.

« J’utilise tous les jours, les outils du Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs », souligne le Dr Wittmer. Ce regroupement canadien, ciblé sur la prévention et le dépistage, fait des revues de littérature et des recommandations pour la première ligne par des cliniciens de première ligne. Leurs outils d’aide à la décision pour le dépistage de différents cancers sont entre autres extrêmement bien faits et vulgarisés. »

Le médecin de famille utilise aussi le calculateur de risques cardiovasculaires mis en ligne par James McCormack et dont la version francophone a été réalisée avec l’aide de la Dre Guylène Thériault, membre du conseil d’administration de l’AMQ. Professeur à la faculté des sciences pharmaceutiques de l’Université de la Colombie-Britannique, à Vancouver, James McCormack est un ardent défenseur de l’usage optimal des médicaments et de la médecine basée sur des données probantes.

Son calculateur permet d’estimer le risque de maladies cardiovasculaires à l’aide de schémas, de bonshommes sourire et de bonshommes tristes. Il permet aussi de visualiser facilement les bénéfices et les risques d’un traitement médicamenteux en fonction des données personnalisées d’un patient.

« On sait que les statines sont une classe de médicaments très fréquemment prescrite pour le cholestérol, et la force de cet outil est qu’il permet, en temps réel, de comparer l’efficacité d’un traitement médicamenteux, mais aussi de voir quelle est cette efficacité en comparaison avec l’absence de traitement ou des alternatives comme l’arrêt tabagique, une approche diététique ou l’augmentation de l’exercice physique. »

Autre avantage, le calculateur montre aussi aux patients que certaines approches comme la prise d’aspirine ou de suppléments de vitamines n’ont pas de bénéfices dans leur cas. « Je tourne mon écran et je le montre à mon patient. On peut calculer ensemble quelle serait l’intervention qui aurait le plus grand bénéfice sur sa santé cardiovasculaire et il le voit en temps réel », explique le Dr Wittmer.

Une conférence internationale pour agir

Cet été, le médecin a participé avec la Dre Guylène Thériault à la 6e conférence internationale sur la prévention du surdiagnostic Preventing Overdiagnosis, qui se déroulait à Copenhague du 22 au 22 août 2018 (lire article Surdiagnostic et surmédicalisation : des données à la réduction). Il a été impressionné de découvrir « cette communauté dont je ne connaissais pas l’existence et de voir que cet intérêt n’est pas seulement chez nous, mais est mondial. Les gens s’entendent pour dire que c’est un problème majeur dans nos systèmes de santé et qu’il faut agir. »

Si les enjeux semblent les mêmes dans les différents pays, cela reste important selon lui de pouvoir quantifier ces problèmes que l’on sait tous présents si l’on veut pouvoir agir. « On sait par exemple que les maux de dos, qui sont une des raisons les plus fréquentes de visites chez le médecin, sont rarement des pathologies où il faut agir puisque ce sont des problèmes en général autorésolutifs. Mais grâce à des études que les participants ont menées dans leurs milieux, on a pu voir des données qui montrent que les opiacés qui ne sont généralement pas recommandés en aigu sont pourtant surutilisés, de même qu’il y a une surutilisation des ressources hospitalières pour ce genre de problématique. »

*Le programme Pour une pratique éclairée : une utilisation judicieuse des examens et des traitements est offert au Québec grâce à une collaboration entre l’Association médicale du Québec (AMQ) et le Collège québécois des médecins de famille (CQMF). Ce programme a été développé par l’Ontario College of Family Physicians (OCFP)

 

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Résultats du sondage d'août 2018

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Résultats du sondage d'Août :

Est-ce que les promesses en santé pourraient influencer votre vote aux prochaines élections?

 

 

 

 

 

Sondage sur les soins de fin de vie

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Surdiagnostic et surmédicalisation : des données à la réduction

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Surdiagnostic et surmédicalisation : des données à la réduction

ACTION GuyleneTheriault

De gauche à droite : Dre Geneviève Bois, Dre Guylène Thériault et Dr René Wittmer
Crédit photo : @GenBois 

Médecin de famille depuis 1996, diplômée en evidence-based healthcare de l’Université d’Oxford, en Angleterre et membre du Clinical leaders group de Choosing Wisely Canada depuis sa création, la Dre Guylène Thériault a fait de la réduction du surdiagnostic et de la surmédicalisation son cheval de bataille. En plus de ses fonctions cliniques et de ses intérêts de recherche, la Dre Thériault enseigne la médecine factuelle et la décision partagée aux étudiants, résidents et médecins depuis plusieurs années, elle est également membre du conseil d'administration de l'Association médicale du Québec depuis avril 2016. C’est à ce titre qu’elle a assisté du 20 au 22 août 2018 à la 6e conférence internationale sur la prévention du surdiagnostic Preventing Overdiagnosis, qui se déroulait à Copenhague.  L’AMQ lui a demandé de revenir sur cette expérience et de nous parler également de la façon dont elle voit l’avenir de la lutte contre le surdiagnostic et la surmédicalisation.

AMQ : Vous avez participé comme représentante de l’AMQ à la 6e conférence internationale sur la prévention du surdiagnostic Preventing Overdiagnosis, à Copenhague en août dernier ?

Dre Guylène Thériault : Nous étions deux représentantes de l’AMQ, la Dre Yun Jen et moi-même. Avec la Dre Geneviève Bois, du Collège québécois des médecins de famille et le Dr René Wittmer, un des facilitateurs du programme Pour une pratique éclairée : une utilisation judicieuse des examens et des traitements, nous avons présenté les résultats de l’expérience québécoise. Lors de notre préparation, nous avons analysé les données dans la dernière année. Nous avons pu constater que six semaines après avoir participés à l’atelier « Pour une pratique éclairée », plus de 94 % des participants avaient changé au moins une pratique. C’est épatant, et quand, après 12 semaines, on leur demande s’ils ont changé une deuxième pratique ils sont encore près de 83 % à l’avoir fait.

ACTION RésultatsRapportPratiqueÉclairée1   ACTION RésultatsRapportPratiqueÉclairée

Graphiques tirés de l’analyse des sondages du programme
Pour une pratique éclairée : une utilisation judicieuse des examens et des traitements


AMQ : Comment les participants ont-ils réagi à votre présentation ?

Dre Thériault : Très bien. On a eu plusieurs questions, mais surtout trois demandes de partage de la formation, une en Israël, une aux États-Unis et une aux Pays-Bas.

AMQ : Plus généralement, c’était la 6e édition de Preventing Overdiagnosis, avez-vous noté une évolution dans la lutte au surdiagnostic et à la surmédicalisation à l’international?

Dre Thériault : Il y a encore une évolution dans la connaissance, c’est vrai, mais il n’y a pas beaucoup d’évolution dans les moyens dont on dispose pour s’attaquer à ce phénomène. J’ai assisté à un atelier dans lequel on s’interrogeait sur la façon dont on pourrait intégrer des notions en lien avec cette problématique dès le début de l’école de médecine afin qu’elle soit partie intégrante de l’apprentissage à toutes les étapes. Mais on en revenait rapidement à parler d’ajouter un curriculum, donc quelques heures ici où là à la formation générale. Le problème, c’est que cela ne résoudra jamais la question du curriculum caché. On sait en effet que les jeunes apprennent surtout en voyant ce que font les autres médecins.

AMQ : Vous voudriez plutôt qu’on leur parle du surdiagnostic et de la surmédicalisation dans chacune des disciplines qu’on leur enseigne?

Dre Thériault : C’est sûr que si pour chaque pathologie, on leur dit de faire tel, tel, tel bilan, ils vont l’apprendre par cœur, mais si au lieu nous discutions de la pertinence de chacun des bilans, de leur utilité et des cas dans lesquels ils sont vraiment nécessaires, les futurs médecins auraient une approche différente dans leur pratique. Par exemple, il y a plein de tests que l’on peut faire pour une stéatose hépatique, mais le traitement est toujours le même, il faut perdre du poids et bien manger. Alors, plutôt que de leur enseigner une recette, on peut se demander si ce ne serait pas plus pertinent d’enseigner aux médecins à se demander si le test qu’ils veulent prescrire va changer le traitement ou le bien-être du patient.

AMQ : Donc l’idée serait d’intégrer la pertinence dans tout le curriculum?

Dre Thériault : Bien sûr, c’est utopique, mais j’ai la chance d’être impliquée dans le projet satellite de faculté de médecine de l’Université McGill en Outaouais et j’espère que l’on pourra faire autrement. J’ai apporté l’idée d’une formation spécifique, non pas pour les étudiants, mais pour les professeurs, afin de les sensibiliser à ces réalités et faire en sorte que dans leurs cours ils puissent intégrer des notions de pertinence. On peut faire des curriculums pour les jeunes oui, mais je ne suis pas sûre que c’est comme cela qu’on va changer le milieu, si les professeurs ne sont pas sensibilisés aux enjeux du surdiagnostic et de la surmédicalisation.

AMQ : D’autres choses vous ont marqué?

Dre Thériault : Lors de l’édition de l’an dernier, à Québec, j’avais trouvé intéressant de donner la parole à des patients qui avaient ainsi eu l’occasion de s’adresser aux participants en partageant leurs perceptions, mais cela n’a pas été renouvelé à Copenhague. Même si on ne sentait pas la présence des patients, la brochette de présentateurs était excellente. J’ai aussi découvert que nous ne sommes pas les seuls à avoir du mal à faire s’engager les décideurs dans la réduction du surdiagnostic. Par exemple, en France, le dépistage systématique du cancer du sein fait l’objet de controverses. En 2015, la ministre des Affaires sociales et de la Santé de l’époque, Mme Marisol Touraine, a mandaté un groupe indépendant pour obtenir un rapport sur le programme national de dépistage du sein organisé en France. Elle voulait savoir ce qu’on lui recommandait étant donné que 52 % des femmes seulement participaient au dépistage organisé et que sa pertinence était de plus en plus remise en question dans la littérature scientifique. Le rapport a conclu qu’il y avait deux avenues, soit cesser le dépistage systématique ou repenser le dépistage organisé pour viser spécifiquement les femmes plus à risque. Or, ce rapport a été tabletté pour des raisons politiques et le dépistage continue de la même façon.

AMQ : Est-ce qu’on a atteint un palier qu’il est difficile de dépasser?

Dre Thériault : C’est sûr que c’est bien de comprendre la situation et de présenter des études, car cela permet de faire avancer les connaissances, mais il faut trouver les moyens de faire changer la situation sur le terrain. On s’interroge encore trop peu sur la façon de faire changer les pratiques. Au Québec, et c’est probablement la même chose ailleurs, on n’a pas encore, à mon avis, une oreille attentive des décideurs politiques. Il faut qu’à un moment des orientations émanent d’en haut. Si on avait un ministre qui croyait vraiment que l'enjeu du surdiagnostic et de la surmédicalisation est un problème, on pourrait avancer. C’est une chose de nommer et reconnaître un problème, il faut ensuite donner une direction claire si l’on veut que les Comités de pertinence puissent remplir leur mandat.

AMQ : On avance quand même?

Dre Thériault : C’est sûr. Dernièrement, j’ai vu parler de pertinence dans l’article récent d’un quotidien qui sonnait l’alarme sur la sous-utilisation des appareils d’imagerie médicale. Bien sûr, on nous y disait que ça prenait plus de machines et plus de sous, mais pour la première fois on y mentionnait aussi que la non-pertinence entraîne une surconsommation, un surdiagnostic et un surtraitement. J’ai trouvé cela génial, car c’est la preuve que le message perce. Reste à trouver les actions qui peuvent nous permettre d’avoir un effet. Plusieurs cliniciens ou CMDP ont des idées pour cela, mais c’est encore souvent trop difficile de les faire accepter. Selon mon expérience c’est l’administration qui bloque ces initiatives, bien plus que les médecins. Que l’on remplace un examen inutile par un examen utile, cela reste un examen, les machines tournent autant et cela n’a aucun effet direct sur un poste budgétaire précis. En revanche, toute transformation des façons de faire demande un investissement, donc cela prend une réelle volonté et une compréhension profonde des enjeux du surdiagnostic.

AMQ : Des actions difficiles à vendre donc?

Dre Thériault : Ce n’est pas partout pareil. Il y a des endroits où je suis allée présenter des idées et je sais qu’ils ont mis en place des actions très rapidement. Ça dépend vraiment des milieux. Les gestionnaires ne sont pas encore assez sensibilisés aux enjeux du surdiagnostic et à ses effets sur la santé des patients. Certains voient cela sous un jour comptable. Pour eux, on ne sauve pas d’argent avec la pertinence et c’est vrai d’une certaine façon. Si j’ai de la place pour 30 000 tests et que j’ai 60 000 cas qui attendent, même si j’en enlève 30 000 cas non pertinents, mon appareil va quand même fonctionner à pleine capacité. C’est vrai que je peux leur dire qu’en fin de compte, on sauve de l’argent parce que la pertinence va faire en sorte que le patient sera mieux traité, mais l’analyse de certains décideurs, c’est que j’ai besoin d’autant de techniciens pour faire les tests et qu’en plus je vais avoir besoin de temps et de ressources pour changer les pratiques. Il est peut-être temps de cibler les gestionnaires et les décideurs dans les formations et les congrès sur le surdiagnostic et la surmédicalisation, comme on a essayé d’engager les patients dans la discussion à Québec avec la 5e conférence internationale sur la prévention du surdiagnostic que l’AMQ avait organisée à Québec.

AMQ : Qu’est-ce que les patients peuvent apporter pour répondre à cet enjeu?

Dre Thériault : Il n’y a rien de plus puissant que les patients pour changer les habitudes des médecins. Si les patients demandent « Docteur, est-ce que j’en ai vraiment besoin ? », le médecin va finir par se poser la question. Peut-être qu’il y en a un certain nombre qui vont leur répondre d’arrêter de poser des questions, mais c’est une minorité, la grande majorité des médecins vont se demander s’il y a quelque chose qu’ils ne connaissent pas en arrière de cette question. Il y a longtemps, j’avais commencé à enseigner à mes étudiants à se poser des questions sur les cas qu’ils voyaient et à aller chercher la réponse dans la littérature. Après quelques mois, ce sont les patrons qui sont venus me voir pour comprendre ce que j’enseignais aux étudiants. Ils voulaient eux aussi apprendre! C’est la même chose avec les patients. S’ils commencent à poser des questions, les médecins vont vouloir y répondre et s’ils ont besoin de réponses, ils vont aller les chercher ou participer à des formations qui leur permettront d’y répondre.

 

Bon à savoir :

La Dre Thériault tient à jour un site Web proposant des outils pour faciliter l'incorporation des pratiques préventives en clinique. Son Centre pour l'avancement des soins de santé factuels se veut un point de départ pour la création d’un "Center for evidence based medicine" québécois.

 

 

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