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Panel sur l’avenir de la médecine de famille

ACTION Panel MedecinsdefamilleLe Dr Hugo Viens, président de l’AMQ, a participé dernièrement à un panel sur l’avenir de la médecine de famille organisé par le département de médecine de famille de l’université McGill et modéré par son directeur, le Dr Howard Bergman. Une centaine d’étudiants de toutes les facultés de médecine du Québec et de l’Université d’Ottawa sont venus écouter ses échanges avec la Dre Julie Lalancette, directrice de planification et régionalisation à la FMOQ, le Dr Guillaume Charbonneau, président du Collège des médecins de famille du Canada (CMFC) et le Dr Frédéric Turgeon, président du Collège québécois des médecins de famille (CQMF).

La Dre Julie Lalancette a lancé le débat en observant qu’il y a encore bien du travail à faire en matière de conciliation travail/famille et d’intégration des professionnels pour évoluer de la collaboration vers le travail en équipe. Pour elle cependant, ce sont les enjeux en matière de santé numérique en bouleversant les rapports médecins-patients et surtout les enjeux économiques du système de santé qui risquent de marquer le plus les prochaines années. En effet, dans un système de santé public, les médecins ne peuvent faire abstraction du contrôle des coûts et doivent donc regarder leur pratique et la pertinence de ce qu’ils font.

Dans la bonne direction

Pour le Dr Charbonneau, malgré le gros nuage gris qu’il y a au-dessus de la médecine en général et plus particulièrement de la médecine de famille au Québec, la pratique est aussi intéressante si ce n’est plus qu’il y a dix ans et cela va continuer. Les nuages changeront peut-être en fonction des politiques, mais il y en a toujours eu, et il faut faire confiance aux organisations médicales pour passer au travers.

Le président du CFMC est ainsi revenu sur les différents mandats des collèges et des fédérations, rappelant qu’au Québec il faut aussi compter avec l’AMQ qui, contrairement à ce qui se passe dans les autres provinces, a surtout un rôle d’innovation. Toutes ces organisations soutiennent la médecine de famille et c’est ce qui fait que dans 10 ans elle sera encore plus intéressante.

Selon lui, au Québec, nous allons dans la bonne direction puisque les médecins ont délaissé la pratique solo et se sont organisés en groupe de médecine de famille, ce qui permet de travailler en équipe avec d’autres professionnels. On a donc déjà adopté le modèle de l’avenir.

Il estime aussi que dans un futur très proche, les médecins auront enfin accès aux données qui vont leur permettre d’améliorer la pratique et la formation continue traditionnelle. Enfin, si les patients sont de plus en plus nombreux à pouvoir consulter dans la journée leur médecin de famille, l’accès va aussi s’améliorer chez les médecins spécialistes à qui on va demander une plus grande imputabilité.

Le médecin comme accompagnateur

De son côté, le Dr Turgeon observe que la société a beaucoup évolué depuis qu’il a commencé à exercer, mais qu’en médecine de famille le centre de la pratique reste le relationnel avec les patients. Le médecin de famille accompagne en effet ses patients tout au long de leur vie, et cela amène un lien particulier très riche. Un lien qui ne changera pas, bien au contraire, et qui selon lui devrait prendre de plus en plus d’importance.

Dans la société tout va de plus en plus vite et si tous les Google de ce monde peuvent être des mines d’information, cela peut aussi devenir des puits où l’on se perd a-t-il expliqué. Les gens ont donc besoin de cohérence. Or, le médecin de famille a une place unique pour porter ce message et accompagner les gens dans l’évolution de la société.

Sur le terrain, il rappelle aussi que l’on assiste à de gros changements. Ainsi aujourd’hui au Québec, plus de 7000 des 9000 médecins de famille en pratique exercent dans des groupes de médecine de famille, ce qui est unique au Canada. De plus, alors que des données montrent que l’on a énormément d’avantages à avoir des équipes larges, les groupes de médecine de famille ne cessent de s’élargir.

Et le meilleur est à venir puisque l’on est encore en train d’apprendre les possibilités du travail en équipe que cette structure rend possible au niveau opérationnel et fonctionnel. L’avenir nous dira donc si c’est une évolution ou une révolution, mais c’est sûr qu’à travers ces équipes de première ligne, le médecin de famille aura un rôle fort de coordination et de communication.

Une génération de leaders nés

En présentant le Dr Viens, le Dr Bergman a souligné le rôle très important de l’AMQ, une organisation à part au Québec qui permet de stimuler le débat sur les politiques de santé et l’innovation. Le président de l’AMQ a commencé par expliquer aux étudiants qu’ils avaient des talents et des connaissances que leurs prédécesseurs n’avaient pas, rappelant par exemple qu’au moment où il était au secondaire, le seul ordinateur de son école permettait de chercher quel livre emprunter à la bibliothèque! Pour lui, la nouvelle génération en est une de leaders nés, habitués à se prononcer, à s’exprimer et à faire ce qu’il faut pour améliorer les choses. Il a donc confiance que même si la situation semble actuellement un peu sombre, le système de santé évoluera pour le mieux au cours des prochaines années.  

Déjà la plupart des médecins de famille ne travaillent plus en solo, mais en équipe, et il existe maintenant des outils pour rejoindre les spécialistes et communiquer entre professionnels. Outils que la nouvelle génération intègre bien plus facilement que ses aînés dans leur pratique. La médecine de famille de l’avenir permettra donc de répondre aux besoins des patients et non pas à ceux du système ou des organisations.

Les médecins ont en effet une responsabilité pour que le système de santé public reste viable à long terme. On sait maintenant que les déterminants sociaux sont plus importants que les systèmes de soin en eux-mêmes pour garantir une bonne santé à la population. Il est donc indispensable d’améliorer les trajectoires de soins et de les rendre moins coûteuses ainsi que de mettre en place des pratiques plus intégratives. Or, c’est à la portée des médecins qui doivent être les leaders du renouveau du système de santé, dit le Dr Viens, puisqu’ils sont les mieux placés pour mettre en place la multidisciplinarité, la révision des modes de rémunération, l’organisation des systèmes et surtout le travail d’équipe. 

 

 

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