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Formation sur le professionnalisme pour les étudiants en médecine

Le Comité étudiant de l’AMQ a organisé sa 2e formation sur le professionnalisme le 16 février dernier autour des futurs enjeux du système de santé québécois.

ACTION FormationProfessionalismeMme Antonia Maioni, professeure de sciences politiques au Département de sciences politiques et à l’Institut des politiques sociales et de la santé de l’Université McGill, a dressé le portrait de l’histoire du système de santé au Québec. Un système distinct dans lequel l’Église et la Charité ont été très longtemps en charge des soins de santé, surtout dans la société catholique québécoise francophone, mais qui est passé sous la responsabilité (tout comme l’éducation) de l’État dans les années 1970. 

Depuis cette époque, les gouvernements ont eu la difficile tâche de négocier avec les médecins. En effet, lorsque M. Claude Castonguay a mis en place la Loi sur l’assurance maladie, ces derniers n’y étaient pas tous favorables. Le gouvernement voulait pourtant l’aide des médecins pour transformer la société. Selon Mme Maioni, si les médecins de famille ont compris l’importance de la mission qu’on leur donnait, les spécialistes en revanche ont eu peur de perdre au change et ont décidé de faire la grève en octobre 1970. Plusieurs spécialistes ont d’ailleurs quitté le Québec à ce moment.

La vision du système de santé de M. Castonguay était particulièrement moderne pour l’époque. Il est en effet un des premiers à avoir compris l’importance des déterminants sociaux sur la santé et le Québec a été le premier à créer un système qui intégrait la santé et les services sociaux, a souligné Mme Maioni. L’autre particularité du système reposait sur la décentralisation des services de première ligne.

Impossible aussi de passer sous silence un autre héritage de notre système de santé. Lorsque ce dernier a été fondé, le fédéral s’engageait à payer la moitié de ses coûts selon la Loi sur les services médicaux. Mais les règles du jeu ont été changées dans les années 1980 et le Québec a commencé à recevoir moins d’argent du fédéral pour la santé.

Depuis les coûts ne cesse d’augmenter et, malheureusement, le débat qui se fait en matière de santé est toujours centré sur la même prémisse. On s’interroge sur l’argent que cela coûte, mais rarement sur la façon dont on l’utilise. « L’argent devrait pourtant être considéré comme un instrument pour faire quelque chose. Ça devrait être ça l’important… », rappelle Mme Maioni pour qui il est aussi primordial d’évaluer le système de santé en fonction de la santé de la population et non pas d’indicateurs de performance sur le fonctionnement. « Or, en ce domaine, le Québec qui partait de très loin en 1960 avec une population en pas très bonne santé a fait énormément de progrès en ce sens », souligne Mme Maioni.

Engagement des médecins

ACTION FormationProfessionalisme2De son côté, le Dr Hugo Viens, président de l’Association médicale du Québec, a présenté une conférence sur l’engagement des médecins.

Il a commencé par rappeler quelques principes de base sur le professionnalisme, notamment le fait qu’au-delà d’une compétence, le professionnalisme est aussi un engagement envers la société.

« Le plus souvent les étudiants veulent devenir médecins pour aider les patients, a-t-il souligné. Le problème c’est qu’une fois en pratique les médecins ont tendance à se concentrer sur la relation individuelle avec leurs patients, en oubliant qu’ils font partie d’une profession qui a une responsabilité collective. »

Le Dr Viens a donc présenté plusieurs enjeux sur lesquels les médecins peuvent s’appuyer au quotidien pour être professionnels :

  • la pertinence des soins et des interventions; 
  • l’éducation des patients pour une meilleure perception de la population des besoins en santé (on le sait les attentes sont grandes!);
  • le travail en équipe avec les autres soignants;
  • l’organisation des soins pour le patient;
  • la décision partagée; et
  • l’innovation.

Le Dr Viens a aussi expliqué que la nouvelle génération a maintenant bien conscience que les déterminants sociaux sont plus importants que les systèmes de soin en eux-mêmes pour garantir une bonne santé à la population et qu’elle peut s’appuyer sur cette connaissance pour transformer le système de santé. Il est en effet indispensable d’améliorer les trajectoires de soins et de les rendre moins coûteuses ainsi que de mettre en place des pratiques plus intégratives. Or, c’est à la portée des médecins qui doivent être les leaders du renouveau du système de santé, puisqu’ils sont les mieux placés pour mettre en place la multidisciplinarité, la révision des modes de rémunération, l’organisation des systèmes et surtout le travail d’équipe. 

En conclusion, le Dr Viens a souligné que dans cette ère de Dr Bashing, les médecins sont peut-être collectivement mal vus, mais individuellement encore écoutés et qu’ils doivent oser avoir des conversations courageuses : « Notre voix a encore de l’importance, alors utilisez-la pour défendre les patients. »

 

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