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Le Commissaire à la santé doit relever de l’Assemblée nationale

Un nouveau Commissaire à la santé et au bien-être devrait être nommé en juin prochain a annoncé la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann. Une bonne nouvelle! Il est en effet indispensable d’évaluer la performance du système de santé et des services sociaux, qui, rappelons-le, accapare plus de 50 % de ses dépenses de programme. Et ni le ministère, ni le réseau, ni ses acteurs ne sont en mesure de le faire de façon indépendante.

Soyons honnêtes, qui d’autre que le Commissaire à la santé aurait osé interroger la population sur les soins et des services inclus dans le panier de services et donc couverts par l’État ? Qui, rapport après rapport, aurait pu démontrer que nous avions un problème d’accès aux données dans les établissements de santé, en première ligne et au ministère ? Qui aurait collecté des données inédites pour le Québec dans le cadre de l’enquête internationale sur les politiques de santé du Commonwealth Fund (CWF) pour pouvoir comparer ses performances à celle d’autres systèmes ? Et enfin, qui aurait eu le courage de financer, non pas une, mais deux recherches indépendantes destinées à mesurer l’effet des modes de rémunération des médecins sur l'accès aux soins ?   

En 10 ans, le Commissaire a fait ses preuves

Le Commissaire à la santé et au bien-être a été créé en 2006 par Philippe Couillard à l’époque où il était ministre de la Santé et des Services sociaux. Au fils des années, l’AMQ a participé à plusieurs de ses travaux. Elle est également la seule association qui l’a accompagné jusqu’au bout et a permis la diffusion des résultats des recherches qu’il a financées sur les modes de rémunération des médecins.

Car le Commissaire à la santé et au bien-être, malgré les craintes de plusieurs lors de sa création, a été très productif. Ses rapports thématiques ont traité d’enjeux de première importance : première ligne, maladies chroniques, santé mentale, vieillissement, etc. Ses études sur la performance (urgence, CWF, etc.) ainsi que ses avis sur de nouvelles lois (procréation médicale assistée, soins de fin de vie, etc.) ont permis d’éclairer la population sur des dossiers complexes.

Année après année, tout en continuant de s’appuyer sur des études rigoureuses et des données scientifiques probantes, le Commissaire à la santé et au bien-être s’est montré de plus en plus incisif. Il a démocratisé le débat sur les enjeux de santé tout en s’attaquant à des dossiers de plus en plus politiques tels le panier des services assurés, l’accessibilité́, la sécurité dans les soins et les modes de rémunération des médecins.

Une voix essentielle dont on doit protéger l’indépendance

Pas étonnant que certains aient voulu faire taire cette voix indépendante et de plus en plus écoutée! En coupant les ressources du Commissaire à la santé et au bien-être, le gouvernement libéral en a surpris plus d’un en 2016, tout comme en annonçant sa résurrection quelques mois avant les élections en mai 2018.

Pour éviter qu’un futur gouvernement utilise la même tactique, comme nous le disons depuis sa création, il faut s’assurer que le Commissaire à la santé et aux bien-être relève de l’Assemblée nationale. On en a la preuve maintenant, il suffit de lui couper les vivres pour faire disparaître le Commissaire et tasser son équipe quand il dérange trop.  C’est aussi dangereux de laisser le gouvernement avoir le choix final de sa nomination, comme la Loi sur le Commissaire à la santé et au bien-être le stipule. Cela pourrait en effet l’amener à subir des pressions politiques. Décrétée par le gouvernement, une nomination est toujours considérée comme politique. 

Or, le rôle du Commissaire à la santé et au bien-être ne peut avoir de sens que si ce dernier est neutre et objectif. Son indépendance renforcera sa crédibilité et le poids de ses recommandations. Et pour cela, il faut le tenir loin de toute ingérence politique. Ne l’oublions pas, le but final du Commissaire à la santé et au bien-être est d’améliorer la santé et le bien-être de la population. C’est donc dans notre intérêt de soignants et celui de nos patients que nous, les médecins, devons revendiquer qu’il soit nommé et relève de l’Assemblée nationale.

Dr Hugo Viens, B. Sc., M.D., FRCSC 
Président de l'Association médicale du Québec

 

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