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Commissaire à la santé et au bien-être : un retour très attendu

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Commissaire à la santé et au bien-être : un retour très attendu

Le ministre des Finances, M. Carlos Leitão, a supprimé l'article sur l'abolition du Commissaire à la Santé et au bien-être (CSBE) ainsi que celui sur les nouvelles responsabilités de l’INESSS appelé à reprendre certaines de ses fonctions, dans le cadre de l'étude détaillée du projet de loi 150, le 16 mai dernier.

Ce projet de loi concernant la mise en œuvre des budgets 2016 et 2017 du gouvernement Couillard tardait à être discuté et le ministre des Finances a choisi d’en retirer une centaine d’articles, dont ceux entourant l’abolition du CSBE pour lui permettre d’être adopté avant la fin de la session parlementaire.

Plus tard dans la soirée, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a confirmé sur Twitter que la situation budgétaire actuelle du gouvernement permettait de ramener le Commissaire.

 

 

 

L’AMQ a rappelé par voie de communiqué que l’on a perdu deux ans pendant lesquels aucune évaluation objective de la performance du système de santé n’a pu être effectuée. L’AMQ demande aussi que le prochain Commissaire relève de l’Assemblée nationale du Québec, et non du ministère, afin qu’il ne soit plus tributaire d’une décision politique et budgétaire, comme cela a été le cas au cours des deux dernières années.

« L’annonce des lois 20 et 130 a eu des répercussions, de même que la suspension de plusieurs de leurs articles ainsi que les dernières ententes avec les fédérations médicales. Or, ces répercussions n’ont pu être analysées avec l’objectivité nécessaire comme l’aurait permis un organisme neutre », a regretté le président de l’AMQ, le Dr Hugo Viens.

Le retour du Commissaire, souvent décrit comme le chien de garde du système de santé et des services sociaux, est une excellente nouvelle aux yeux d’une multitude d’organisations ayant sévèrement critiqué sa disparition. Comme l’a toujours souligné l’AMQ, la société québécoise a besoin d’un mécanisme de reddition de comptes et d’imputabilité crédible et indépendant en matière de santé.

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Congrès national Choisir avec Soin

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Congrès national Choisir avec Soin

L’Association médicale du Québec était à Toronto le 23 avril dernier pour le Congrès national annuel Choisir avec soin. Une édition inspirante qui a fait la preuve que cette campagne nationale et locale est un succès. Au-delà des recommandations formulées par les différentes sociétés savantes canadiennes participantes, les équipes qui mettent en place des projets dans les différentes provinces engendrent des améliorations dans les soins aux patients et dans les systèmes de santé. Pour ceux qui ne pouvaient s’y rendre, voici les principaux messages clés livrés.

 

1)     La peur d’être poursuivi pour ne pas avoir fait un examen est un mythe

ChoisirSoin1 Lorsque l’on demande aux médecins au Canada, mais aussi ailleurs dans le monde, pourquoi ils font ou font faire autant d’examens, leur première réponse est le plus souvent « par crainte d’être poursuivi ».

« Il n’y a jamais eu de médecins poursuivis pour ne pas avoir fait d’examen. Plusieurs médecins en revanche sont poursuivis pour avoir fait des examens pour lesquels ils n’ont pas fait de suivi », a pourtant souligné le Dr Hartley Stern, directeur général de l’Association canadienne de protection médicale (ACPM) lors de sa présentation en clôture du Congrès. En bref, suivre les recommandations de Choisir avec soin ne crée aucune problématique sur le plan de la responsabilité professionnelle.

C’est donc un mythe tenace et non documenté sur le plan juridique qui perdure au sein de la profession médicale sans raison. Déjà en août 2017, dans le cadre de la conférence internationale Preventing Overdiagnosis qui se tenait à Québec, l’AMQ avait organisé un atelier à ce sujet pour rassurer les participants. Un an plus tard, le président directeur général de l’ACPM confirme qu’« il n’y a aucun risque à suivre les recommandations de Choisir avec soin. S’il y a un risque, ce serait plutôt de faire des examens que l’on sait inutiles et d’en oublier le suivi. »

 

2)     Le manque de soutien du gouvernement du Québec à la campagne Choisir avec soin

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Lors du congrès, plusieurs observateurs ont constaté l’inactivité du gouvernement du Québec et son manque de soutien à la campagne Choisir avec soin. Lors de l’ouverture du Congrès, il a été mentionné que le gouvernement fédéral et l’ensemble des gouvernements provinciaux sont des partenaires de Choisir avec soin, à l’exception du Québec où c’est une association médicale, l’AMQ, qui est la courroie de transmission des recommandations francophones et le partenaire local. De fait, étant donné que le gouvernement québécois ne s’engageait pas, c’est l’AMQ qui a pris en charge ces rôles! L’AMQ est aujourd’hui responsable du volet francophone de la campagne et le coordonnateur de Choisir avec soin Québec.

 

 

3)     La qualité des soins passe par la pertinence

Un système de santé de qualité se doit d’être sécuritaire, efficient, efficace, équitable en plus de bénéficier de soins donnés dans les délais acceptables et centrés sur le patient. Or, la campagne Choisir avec soin touche tous ces éléments du contrôle de la qualité.

  • Sécurité : les tests ou des traitements inutiles créent des dommages;
  • Efficient et efficace : le gaspillage diminue la performance du système;
  • Équitable et dans les délais : pendant que certains passent des tests inutiles, d’autres attendent;
  • Centrés sur le patient : des tests ou des traitements inutiles sont contraires au bien du patient.

 

4)     Utiliser les données administratives pour définir des cibles d’intervention

Le Dr Joshua Tepper, président et chef de la direction, Qualité des services de santé Ontario, a fait forte impression auprès de l’assistance. Il a expliqué que dans sa province, des chercheurs utilisent les données administratives du système de santé pour savoir quelles sont les interventions à cibler. Ils mettent en parallèle les recommandations de Choisir avec Soin avec le pourcentage de surdiagnostic ou de surtraitement et les coûts que cela engendre. Ainsi ils connaissent l’ampleur d’une problématique ainsi que son coût. Ils peuvent donc orienter la prise de décision afin de savoir quand il faut intervenir ou non.

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5)     Réduire le surdiagnostic, les traitements et les soins inutiles

En 2014, lors de son lancement, l’objectif de la campagne Choisir avec soin était d’aider les professionnels de la santé et les patients à engager un dialogue au sujet des examens et des traitements qui ne sont pas nécessaires et à les aider à faire des choix judicieux et efficaces.

Lors du congrès 2018, les participants ont décidé de mettre davantage l’accent sur les actions destinées à réduire le surdiagnostic, les traitements et les soins inutiles.  

Choisir avec soin continuera bien sûr d'outiller les cliniciens et les patients pour les aider à avoir des discussions sur les soins non-nécessaires, mais compte mettre plus d'importance sur l'appui aux initiatives d'implantation de mesures visant à réduire les soins inappropriés. Cette décision a conduit à la création d’un « réseau de recherche sur l’implantation ».

 

6)     La troisième ère de la médecine

Très intéressante, la présentation de la Dre Dee Mangin, professeure titulaire de la chaire David Braley et Nancy Gordon en médecine familiale de l’Université McMaster, a permis d’évaluer les influences actuelles et passées qui façonnent le cadre changeant de la médecine et de comprendre comment Choisir avec soin peut s’inscrire dans l’ère actuelle de la médecine.

Selon son analyse, la première ère de la médecine est surtout caractérisée par l’autonomie de la médecine, une relation binaire entre le médecin et le patient et la mise en place d’un contrat social entre la population et la communauté médicale.

Par la suite, on observe une seconde ère basée sur la reddition de compte et la théorie des marchés dans laquelle on privilégiait le volume, la standardisation des soins et la mise en place de protocoles de soin ou d’intervention.

On entre maintenant dans une ère de qualité. Les gens ne meurent plus d’infections généralisées telle la grippe espagnole, mais plutôt de cancers et des maladies cardiovasculaires.  Cela entraîne la médicamentation de beaucoup de personnes âgées, au point qu’aujourd’hui la cause principale de décès des personnages âgées est le médicament. Il faut donc ajuster la pratique médicale pour s’adapter à cette nouvelle ère.

Les médecins doivent miser sur le professionnalisme et la confiance. D’où l’importance d’encourager la communauté Choisir avec Soin à continuer d’améliorer les soins aux patients et le système de santé.

 

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Étudier l’empathie des médecins

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En partant à la rencontre des médecins dans leur milieu, l’AMQ a pu constater que nombre de ses membres s’investissent dans l’amélioration des soins et services au quotidien. De belles initiatives voient le jour un peu partout. Certaines gagneraient à être implantées ou adaptées ailleurs, mais pour cela encore faut-il savoir qu’elles existent! 

Si vous avez mis en place un projet qui mériterait d’être connu ou si vous connaissez des collègues membres qui l’ont fait, n’hésitez pas à communiquer avec l'AMQ. Cela nous fera plaisir de présenter vos réussites.

Étudier l’empathie des médecins

Membre Barbeau MeunierInterpellé par l’importance des déterminants sociaux pour améliorer la santé des populations, Charles-Antoine Barbeau-Meunier a décidé qu’il voulait être dans l’action et non plus seulement dans la réflexion. Il a donc troqué la communication et la sociologie pour la médecine. « J’avais le sentiment que je pourrais faire plus une différence », explique l’étudiant de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de Sherbrooke qui après avoir complété une maîtrise en sociologie poursuit un double programme de doctorat en médecine et en imagerie biomédicale.

Actuellement, M. Barbeau-Meunier alterne des recherches sur la sclérose en plaques et ses études en médecine. Un cursus à part qui lui laisse un peu plus de temps que ses études de médecine et lui a permis de revenir à ses anciennes amours ou plutôt au sujet de sa maîtrise qui portait sur l’empathie. Il avait en effet pour hypothèse qu’elle pouvait être un fondement de l’action sociale et donc permettre de s’attaquer à certaines crises comme la crise écologique.

Son horaire plus flexible de chercheur lui a ainsi permis de soumettre une communication sur l’effritement de l’empathie chez la relève médicale lors du Congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) le 8 mai dernier. Ayant effectué une revue systématique de la littérature, il a constaté que ce n’est pas tant le curriculum médical qui amène l’effritement de l’empathie des étudiants en médecine que certains éléments perturbateurs, notamment la prédominance d’un contexte de performance et une culture de négligence de soi lors de ces études.

Pour en arriver à cette conclusion, le chercheur s’est basé sur la définition de l’empathie d’un neuroscientifique, Jean Decety, pour qui l’empathie a une dimension cognitive, mais aussi des dimensions émotionnelles et comportementales. « En fait, le curriculum médical est un très bon contexte pour développer l’empathie, que ce soit la sensibilité en elle-même ou la capacité de s’en servir. En revanche, c’est aussi un milieu qui inhibe ce comportement », souligne l’étudiant.

On manque encore de recherche en ce domaine, mais plusieurs études présentées à l’ACFAS pointent dans cette direction. Le manque de sommeil, des conditions de pratique stressantes et rigides, un grand volume de patients à voir avec des contraintes de temps peuvent ainsi conduire à l’effritement de l’empathie, en empêchant les étudiants (ou les cliniciens plus tard) d’exprimer leur empathie.

 

Les cinq piliers de l’empathie

Plusieurs conditions sont nécessaires à l’expression de l’empathie. Comme il l’avait fait avec la crise écologique lors de sa maîtrise, M. Barbeau-Meunier a regardé comment le contexte médical teinte la capacité des étudiants à développer leur empathie, mais aussi à s’en servir.

Pour être empathique, il faut, entre autres, pouvoir s’ancrer à l’autre. Grâce au visage et plus particulièrement au regard notamment, on voit les émotions de l’autre et la transparence de ses intentions. Si cela ne pose pas de problème dans les curriculums de la santé, lors desquels les étudiants bénéficient d’un accès très fréquent aux patients et d'une exposition à toutes sortes de contextes de soins, on sait qu’en raison de la technologie, des obstacles apparaissent, une fois en milieu hospitalier.  Difficile pour un patient d’arriver par exemple à se sentir écouté quand son médecin semble avoir toute son attention tournée vers un ordinateur.

Il faut aussi apprendre à réguler ses émotions, ce qui est de plus en plus présent dans la littérature, mais pas toujours bien compris et exprimé sur le terrain. Dans le contexte des soins, la souffrance, la vulnérabilité et la mort entre autres peuvent représenter une charge émotionnelle significative ou, à tout le moins, chronique. Selon M. Barbeau-Meunier, cela nécessite un effort de régulation conscient ou non et donc d’apprendre à reconnaître nos émotions et à travailler avec elles.

Or actuellement, dans la culture médicale, il y a un tabou autour de la dimension émotionnelle du soin. On a tendance à dire aux étudiants d’apprendre à ignorer leurs émotions plutôt que de travailler avec elles. Et c’est là que la fatigue de compassion guette les étudiants comme les médecins en pratique! « Ce n’est pourtant pas une mauvaise chose d’avoir des émotions, au contraire c’est une information essentielle pour guider un clinicien » rappelle M. Barbeau-Meunier pour qui on a tellement mis l’accent sur la dimension cognitive de l’empathie qu’on en a oublié la dimension émotionnelle pourtant très reconnue dans la littérature.

Une fois que l’on est capable de réguler ses émotions, on peut alors porter pleinement attention à l’autre. Un point fort des curriculums selon M. Barbeau-Meunier. Les étudiants apprennent à développer une bonne écoute, à poser des questions pour aller chercher l’information dont ils ont besoin. Le risque cependant est que l’étudiant ne fasse plus attention à lui, puisque la cible de son attention est l’autre. Il peut alors rater des signaux qui traduisent des besoins ou une réponse adaptée.

Le lien social joue aussi un rôle important. On est toujours plus empathique avec les gens à qui l’on s’identifie. Or, les médecins ont de plus en plus de mal à s’identifier à leurs patients, en raison de milieux de plus en plus diversifiés, mais aussi du statut social des médecins et de l’effet salarial qui peut créer un malaise avec d’autres professionnels du réseau ou certains patients.

Enfin, il faut tenir compte de l’environnement  dans lequel on pratique l’empathie. Si le milieu médical peut faciliter l’empathie, il peut aussi parfois inciter à mettre d’autres priorités de l’avant, et inciter par exemple un soignant à considérer un patient comme un lit à libérer ou une tâche à gérer plutôt que comme une personne avec une souffrance.

« Mon analyse m’a permis de corroborer que l’on développe une meilleure capacité empathique qu’avant lors des études médicales, mais qu’il y a aussi des éléments essentiels que le contexte va drainer et qui vont empêcher l’empathie ou la rendre plus difficile à exprimer », explique M. Barbeau-Meunier.

Alors, doit-on changer la façon d’enseigner l’empathie ? On peut bien sûr toujours renforcer un enseignement et mieux outiller les futurs professionnels de la santé pour qu’ils soient en mesure de partager leurs émotions avec des collègues. Mais cela ne changera rien si l’on ne fait pas évoluer le système dans lequel les médecins pratiquent. « On pourra prendre la personne la plus empathique, si on ne lui permet pas d’exprimer cette empathie, ça ne sert à rien », conclut M. Barbeau-Meunier.

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Hommage aux infirmières

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Hommage aux infirmières

Quatre infirmières diplômées du Centre hospitalier de St-Mary à Montréal en 1968, souhaitent que les Montréalais puissent se remémorer au quotidien le rôle que les infirmières jouent dans leur vie et leur apport à la société. On les sait dévouées à leurs patients et à leur communauté, mais elles ne sont pas toujours reconnues à leur juste valeur.  

Peu se souviennent par exemple que l’on doit le premier hôpital montréalais, l’Hôtel-Dieu, à une infirmière : Jeanne Mance! Il faut dire qu’elle aura dû attendre 2011 pour être reconnue comme l’une des fondatrices de Montréal. L’idée cependant n’est pas d’honorer une seule femme, mais bien la profession d’infirmière en elle-même. Fortes de l’appui de la ville de Montréal et de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, les organisatrices ont mis en place une collecte de fonds destinée à financer une statue pour rendre hommage à la profession d’infirmière.

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Elles espèrent que la statue sera prête pour le 100e anniversaire de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec en 2020. Sur les 115 000 $ calculés afin de mener à bien ce projet, la campagne a pour l’instant rapporté près de 30 000 $.

Si vous voulez contribuer à ce projet d’art public, rendez-vous sur la page Facebook Tribute to Nursing Montreal / Hommage à la Profession Infirmière Montréal.

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La santé des migrants ? Un parcours du combattant

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La santé des migrants ? Un parcours du combattant

L’AMQ et son comité étudiant étaient les fiers partenaires de la 3e édition du Symposium sur les populations vulnérables qui se tenait à l’Université de Montréal le 12 mai dernier. Réunissant une centaine d’étudiants et de professionnels de plusieurs disciplines de la santé, issus de toutes les facultés du Québec, ce symposium a pour but de sensibiliser les participants aux enjeux bio-psycho-sociaux des populations vulnérables québécoises. Le thème de cette année étant la santé des migrants, les ateliers et les conférences visaient plus particulièrement les enjeux de santé de leur parcours migratoire et de l’intégration dans leur pays d’accueil.

 

Symposium populations vulnerables3Témoignage touchant

En tête d’affiche, l’auteure Kim Thúy a raconté comment les conditions sanitaires et alimentaires ont marqué son parcours migratoire, au point où de graves allergies aux œufs et aux poissons ont disparu, son corps étant confronté à des conditions de survie extrêmes. Au travers de ses histoires, parfois drôles, parfois touchantes, Mme Thúy a sensibilisé son auditoire au rôle délicat des professionnels de la santé en contact avec les migrants pendant leur parcours migratoire. Émue, elle a raconté le moment où en Malaisie, lors de son évaluation de santé, une médecin a rapidement tiré sur son pantalon à bande élastique pour confirmer son sexe avant de le relâcher.    

Symposium populations vulnerables2

« J’ai encore le souvenir tellement profond de l’élastique qui pince ma peau. Un si petit geste, tellement anodin, mais qui m’a enlevé ma dignité. Comme médecin, comme professionnel de la santé, votre façon d’agir auprès des migrants est déterminante. Ce sont de très petites choses qui font en sorte de respecter la dignité d’un individu ou de la lui enlever » a souligné Mme Thúy.

 

S’exiler est une obligation, pas un choix!

Rachel Kiddell-Monroe est membre du conseil d’administration de MSF-international. Dès le début de sa carrière, elle a renoncé à des opportunités d’emploi comme avocate pour se consacrer à défendre les droits des migrants et tenter d’améliorer les conditions dans lesquelles leur parcours migratoire se déroule. Ses actions l’ont menée en Indonésie, à Djibouti, au Rwanda, en République du Congo et dans de nombreux pays d’Amérique latine. Partout, elle a tenté avec ses collègues de créer « une île sécuritaire au milieu d’une mer d’atrocité » pour ces personnes qui sont dans l’obligation de quitter leurs pays, leurs racines, leurs traditions et leur langue à cause de conflits violents. « Il y a un coût humain réel à l’indifférence des pays envers les migrants. » Avec des images frappantes, elle a démontré la dure réalité des migrants dans leur pays d’origine et les enjeux liés à la santé auxquels ils sont confrontés, pour aider les participants à mieux comprendre l’état de santé des migrants lors de leur arrivée au Québec.  

À la suite des conférences, six ateliers étaient ouverts aux participants pour approfondir des sujets tels que la toxicomanie et la santé mentale, la barrière langagière, les enjeux liés à l’absence de statut et de couverture médicale pour les migrants dans leur pays d’accueil, et les approches en périnatalité auprès des mères vulnérables. De plus, l’Association médicale canadienne a offert l’atelier Advocacy et Leadership, où les participants ont pu mieux comprendre les principes de la défense des droits et comment devenir des médecins engagés pour plaider en faveur de l’accès aux soins de santé des populations migrantes.   

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Le privé en santé est-il une menace ou un allié pour le système public ?

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Le privé en santé est-il une menace ou un allié pour le système public ?

HugoCepsem Invité par le Conseil des entreprises privées en santé et mieux-être (CEPSEM), le président de l’AMQ, le Dr Hugo Viens, a prononcé une conférence sur les enjeux reliés à la relation public-privé en santé le 17 mai dernier.

Pour le Dr Viens, il est clair que le système de santé a besoin de performance, d’agilité et d’imputabilité. C’est donc dans ce contexte qu’il faut se demander si le privé est nécessairement une menace ou s’il peut être un allié au service du système public de santé.

 « Il est devenu nécessaire de repenser le fonctionnement de notre système de santé, de le voir autrement et de développer des solutions novatrices », a souligné le Dr Viens.

Quand on analyse le système de santé, force est de constater que le privé y est très présent. Le panier de services couvert par l’État québécois est centré sur les soins à l’hôpital et les actes des médecins. Beaucoup de soins pourtant nécessaires, voire médicalement requis ne sont pas couverts pour une grande partie de la population (soins dentaires, soins de réadaptation, services sociaux, etc.).

Le privé est déjà partout dans le système de santé

L’entrepreneuriat privé représente aussi une grande partie du système de santé. En fait, près de la moitié des dépenses en santé de l’État va aux entreprises privées. À l'exception des CLSC et des hôpitaux, les services médicaux sont dispensés en cabinets privés, en GMF, en super-cliniques et en polycliniques. Et, la plupart des dépenses (achat de services, de technologies ou de machines, transport de matériel, etc.) et des investissements en équipement faits par les établissements publics que sont les hôpitaux et les CLSC vont à des entreprises privées.

Enfin, un fort pourcentage des médecins étant incorporé, leur rémunération est en réalité versée à une gestion privée.

Notre système « public » est donc un système de paiement public et non pas un système de gestion publique des ressources. Non seulement une grande portion de l’argent de l’État va à des entreprises privées, mais le privé occupe déjà une large part dans le fonctionnement des soins de santé.

La population veut des soins de santé payés par l’État

Par ailleurs, quand on demande à la population ce qu’elle veut, elle répond : des soins de santé de qualité dans des délais raisonnables, payés par l’État. Comme l’a montré un sondage CROP effectué dans le cadre d’une recherche du Pôle Santé HEC Montréal en 2017, près de 70 % de la population trouve normal que plusieurs types d’organisation (privée, à but non lucratif ou coopérative) puissent offrir des services de santé et des services sociaux payés par le gouvernement.

« Qui paie le loyer n’a aucune importance pour les patients, ce qui leur importe est qui paie le service de santé », a rappelé le Dr Viens. Le tabou du privé en santé est donc un mythe et la position de l’AMQ fait consensus : ce qui est médicalement requis doit être couvert par le système de santé, peu importe le type de fournisseur qui rend ce service.

Le privé quand c’est une plus-value

En ce sens, il doit y avoir une ouverture au privé pourvu qu’il soit une plus-value dans notre service de santé. Le Dr Viens a ensuite donné l’exemple de la Clinique de Chirurgie Dix30, à laquelle il est associé et dont il est le directeur médical. Ne gérant que des chirurgies d’un jour, cette clinique possède des infrastructures souples et légères, ce qui permet des économies. Elle se révèle donc aussi plus efficace et plus agile que de très grandes infrastructures comme les hôpitaux.

Étant une structure privée conventionnée, elle ne fournit que des soins couverts par le régime public. Les patients ne paient donc pas les services qu’ils y reçoivent. Le paiement de leurs soins est pris en charge par des entreprises qui y envoient leurs employés. Les autres sont transférés par trois hôpitaux de la région dans le cadre du projet-pilote du financement à l’activité axé sur le patient. Le gouvernement est en effet en train d’établir le coût des épisodes de soin avant d’installer ce type de financement dans les hôpitaux du Québec. Deux autres cliniques participent également à ce projet.

Une plus grande ouverture au privé conventionné à prévoir

Non seulement les patients sont satisfaits de la qualité de leurs soins et de la rapidité avec laquelle ils les reçoivent, mais les professionnels impliqués y compris les médecins, sont plus performants compte tenu de leur imputabilité, inhérente à toute entreprise privée. C’est donc un bel exemple de privé au service du public.

Après la présentation du Dr Viens, les participants ont discuté de l’avenir du système de santé. Selon eux, il est probable qu’en raison de la performance actuelle du réseau et de son instabilité due aux récentes réformes, les prochains gouvernements feront appel au privé conventionné pour épauler le système de santé et améliorer la performance.

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Les effets de la suspension de la Loi 130

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Les effets de la suspension de la Loi 130

Le Centre de recherche en gestion des services de santé CHU de Québec-Université Laval (CRGSS), en collaboration avec l’Institut d’éthique appliquée (IDÉA) de l’Université Laval, a organisé le 9 mai dernier un intéressant colloque sur les différentes facettes du projet de loi 130 et leurs effets anticipés au sein des établissements de santé. Des juristes, des gestionnaires du réseau de la santé, des médecins et des professeurs se sont regroupés pour approfondir la question.

Le Dr Hugo Viens, président de l’AMQ, était invité à intervenir lors d’un panel portant sur le statut professionnel et le rôle du médecin dans l’établissement de santé. Le Dr Viens a rappelé que lors des consultations parlementaires sur le PL130, l’AMQ avait martelé que la plupart des mesures prévues dans le projet de loi n’étaient pas nécessaires, car la législation de l’époque permettait déjà de régler la plus grande partie des problèmes soulevés par le ministre. C’est principalement dans l’application de la loi que les gestionnaires médicaux rencontraient des difficultés et qu’il était plutôt nécessaire de les appuyer davantage dans leur rôle.

Encore aujourd’hui, cette position de l’AMQ fait consensus auprès des participants du colloque. Avec la suspension de la Loi 130, la situation dans les établissements est encore plus compliquée. Rappelons que le projet de loi 130 a été adopté le 25 octobre 2017 par l’Assemblée nationale, mais que lors de la récente entente avec la FMSQ en février 2018, les articles de la Loi 130 concernant les obligations des médecins ont été suspendus. Les gestionnaires médicaux ne peuvent cependant plus appliquer l’ancienne législation non plus, ils ont donc encore moins de pouvoirs qu’ils en avaient au départ.  

Les élections de l’automne, peu importe le parti politique qui les remportera, changeront le paysage politique au Québec et la profession médicale sera concernée au premier plan par les intentions du prochain gouvernement en ce qui concerne l’application des lois 130 et 20.  

Dans ce contexte, il sera essentiel que la profession médicale prenne au sérieux l'occasion d’exercer son leadership et son professionnalisme pour poser les bases d’une collaboration positive dans les milieux où des ajustements seront nécessaires.

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Les prochaines formations offertes par l’AMQ

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Les prochaines formations offertes par l’AMQ

logo leadershipmedicalFormations en leadership médical – PLI

  • Négociation et gestion des conflits – SAGUENAY - 6 au 8 juin 2018

Ce cours vous permettra de développer des stratégies pour gérer les conflits dans une organisation, d’éviter les écueils résultant de ces conflits et d’en faire une gestion efficace pouvant augmenter la créativité et l’innovation. Au moyen d’un exercice de négociation, vous développerez une approche planifiée et vous mettrez en pratique des techniques éprouvées afin d’obtenir des résultats dans les relations interpersonnelles.
Crédits DPC : 21

 

  • Orchestrer le changement et l'innovation – SAGUENAY - 19 et 20 septembre 2018

La mise en relation des personnes avec les organisations afin de bâtir une vision commune et un engagement menant à l’action constitue le thème central de ce cours. Par l’entremise des théories en gestion du changement, vous apprendrez à élaborer des stratégies visant à motiver, mettre en œuvre et assurer la continuité du changement, en surmontant du même coup toute résistance au changement. À travers la présentation et la discussion d’enjeux et d’exercices concrets, vous aborderez différents sujets parmi lesquels la mise en place d’un milieu de travail capable d’adaptation et la gestion des effets du changement.
Crédits DPC : 14

 

  • Connaissance de soi et leadership efficace – QUÉBEC - 26, 27 et 28 septembre 2018

Savoir gérer ses communications est essentiel. Se connaître l’est également. Ce cours en développement professionnel continu vous initiera aux qualités personnelles requises pour un leadership médical efficace. À partir de la théorie de l’intelligence émotionnelle, vous améliorerez votre capacité à influencer et diriger votre environnement, par l’intermédiaire de techniques et d’exercices adaptés. À la fin de ce cours, vous découvrirez quel est le type de leadership médical qui vous convient et vous serez à même d’en constater l’efficacité.
Crédits DPC : 17,25

 

  • Négociation et gestion des conflits – MONTRÉAL - 17 au 19 octobre 2018

Ce cours vous permettra de développer des stratégies pour gérer les conflits dans une organisation, d’éviter les écueils résultant de ces conflits et d’en faire une gestion efficace pouvant augmenter la créativité et l’innovation. Au moyen d’un exercice de négociation, vous développerez une approche planifiée et vous mettrez en pratique des techniques éprouvées afin d’obtenir des résultats dans les relations interpersonnelles.
Crédits DPC : 21

 

Pour en savoir plus et pour vous inscrire, visitez www.amq.ca/formation ou communiquez avec l'AMQ.

 

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L’amélioration du bien-être des médecins est une responsabilité commune

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L’amélioration du bien-être des médecins est une responsabilité commune

Depuis des mois, je répète à qui veut l’entendre que nous devons, en tant que médecins, nous organiser collectivement pour faire changer le système de santé. Bien sûr derrière cette prise de position de l’AMQ, il y a les questions d’accès, du financement de la santé et de la prise en charge populationnelle. Mais avant tout c’est une question de survie!

Les médecins paient très cher le chaos actuel. Au-delà des déficiences du système de santé et de la fatigue de compassion inhérente à notre profession, nous devons affronter une charge de travail aussi lourde qu’incomprise par le commun des mortels. À cela s’ajoutent les contraintes administratives toujours plus nombreuses ainsi que les attentes de nos familles, de nos patients, et maintenant aussi, celles de la population en général.

Nous n’en ferons jamais assez. La plupart d’entre nous arrivent à composer avec cette réalité tant bien que mal. Certains malheureusement décrochent. Je viens de lire un article sur le suicide des médecins dans lequel j’ai appris qu’encore aujourd’hui, nous n’osons pas consulter.

Cet article mentionne entre autres un sondage réalisé auprès de plus de 2000 médecins également mères. Près de la moitié d’entre elles estiment avoir déjà répondu aux critères d’un diagnostic de santé mentale à un moment donné dans leur carrière sans avoir pour autant cherché de l’aide. Et parmi celles qui ont obtenu un diagnostic officiel, seulement 6 % en ont parlé à l’organisation qui délivre leur permis de pratique. Nous savons qu’en santé mentale, les hommes consultent encore moins. Notre profession doit changer d’approche en ce qui a trait à la santé et au bien-être des médecins.  

Bien que la communauté se soit jusqu’ici beaucoup concentrée sur ce que chaque médecin peut faire, c’est aussi une responsabilité commune. 

Notre profession est à la croisée des chemins. Le dossier de la santé au Québec est un enjeu de taille et plus nous nous rapprocherons de l’élection provinciale, plus le ton risque de monter. Avec le Dr bashing nous sommes une cible facile. D’où l’importance de présenter un front commun pour apporter des solutions porteuses et prendre soin de nous comme communauté.

Tout comme le professionnalisme est une responsabilité commune, l’amélioration de la santé et du bien-être des médecins nous concerne tous. Par notre leadership positif, nous pouvons soutenir nos collègues, faire de nos milieux de pratique des environnements de travail plus sains et participer à la discussion nécessaire pour revoir l’organisation du système de santé.

En mon nom et au nom de l’AMQ, je vous souhaite de prendre soin de vous.

Dr Hugo Viens, B. Sc., M. D., FRCSC 
Président de l'Association médicale du Québec

 

   


Besoin d’aide?

Téléphonez au Programme d’Aide aux Médecins du Québec,
le PAMQ au 514-397-0888 ou au 1 800 387-4166


   

 

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L’AMQ soutient l’assemblée générale d’IFMSA en août 2018

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L’AMQ soutient l’assemblée générale d’IFMSA en août 2018

logo IFMSADeux fois par année, en mars et en août, la Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine, l’IFMSA, organise une assemblée générale qui rassemble près de 1000 étudiants en médecine et jeunes médecins de plus de 100 pays différents.

Cet été, c’est IFMSA-Québec, la division internationale et communautaire de la Fédération québécoise des étudiants en médecine (FMEQ), qui est l’hôte de cet événement.

logo IFMSA AM2018L’assemblée générale de l’IFMSA se tiendra du 2 au 8 août 2018 à Montréal. Le thème choisi pour cette réunion est « Responsabilité sociale : La santé au-delà de l’hôpital ». Les participants seront invités à réfléchir et à débattre sur ce sujet. Pendant toute une semaine, différentes activités incluant des sessions de formation et des conférences thématiques sont au programme. Les conférenciers seront annoncés sous peu.

L’Association médicale du Québec est l’un des commanditaires principaux de l’événement.

Pour en savoir plus, visitez le site Web de l’événement

 

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Pour une pratique éclairée : le Dr Vincent Demers témoigne

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Pour une pratique éclairée : le Dr Vincent Demers témoigne

DrVincentDemersMédecin de famille et vice-président de l’Association médicale du Québec (AMQ), le Dr Vincent Demers soigne à domicile une clientèle gériatrique en perte d’autonomie, en plus de suivre des patients vulnérables au GMF ProActive Santé Neufchâtel et de collaborer à la clinique communautaire et d’enseignement SPOT. Le 2 mai dernier, il a participé au programme Pour une pratique éclairée : une utilisation judicieuse des examens et des traitements. Cette formation est une collaboration entre l’AMQ et le Collège québécois des médecins de famille (CQMF). D’une durée de six heures, elle aborde à l’aide d’exemples concrets (IPP, dépistages, lombalgie, etc.) la surprescription médicamenteuse, le surdiagnostic, le surtraitement et l’excès d’imagerie médicale. Le Dr Demers a accepté de revenir avec l’AMQ-info sur sa participation à ce programme.

AMQ-info : Pourquoi avoir décidé de vous inscrire à cette formation ?

Dr Demers : La médecine évolue rapidement. J’ai commencé ma pratique en 2004, plusieurs lignes directrices ont changé depuis. Elles sont souvent en contradiction les unes avec les autres, nous amenant à changer nos recommandations à nos patients et créant chez eux de la confusion. Si j’ai décidé de m’inscrire à cette formation, c’était d’abord pour me donner des outils pour mieux répondre aux besoins de mes patients qui exigent les tests de dépistage et les examens annuels que nous les avons habitués à subir, mais qui ne sont plus conseillés. 

 

AMQ-info : Comment avez-vous découvert le surdiagnostic et le surtraitement? En quoi ont-ils un impact sur votre pratique ?

Dr Demers : J’ai souvent pensé que je prescrivais certains tests pour éviter de passer à côté d’un diagnostic grave, mais peu probable, ou parce que c’est ce qui était exigé de moi par les patients ou par les pairs pour être un bon médecin. Avec l’expérience, je me suis rendu compte que plusieurs examens ou traitements pouvaient causer plus de tort que de bien aux patients et augmenter leur anxiété, sans parler des coûts et de l’utilisation des ressources que cela entraîne sur notre système de santé à bout de souffle. Les discussions et remises en question des dernières années sur la pertinence de certains dépistages, par exemple le dépistage du cancer de la prostate avec le PSA, m’ont ouvert les yeux à ce problème. Il y a encore une culture en médecine de rechercher des anomalies chez des patients asymptomatiques et de tenter de les traiter avant l’apparition de symptômes, sans pour autant s’assurer que cela présente un véritable effet positif sur la mortalité ou sur la morbidité.  

 

AMQ-info : Quels sont les obstacles à une pratique moins portée sur le surdiagnostic et le surtraitement ?

Dr Demers : D’une part, il faut parfois aller à contre-courant de certains guides de pratique élaborés aux États-Unis ou des recommandations d’experts pouvant être biaisés et financés par l’industrie pharmaceutique. Il faut aussi demeurer alerte quand nous assistons à des conférences d’experts. D’autre part, il faut défaire la culture des tests et des examens que nous avons instaurée tant chez les médecins que chez les patients, et toujours nous questionner sur la pertinence de chacune de nos investigations et de chacun de nos traitements. Cela demande du temps et de l’énergie, ce qui n’est pas facile dans nos conditions d’exercice toujours à la course, mais c’est essentiel. Je note par exemple que de plus en plus, avant de recommander nos patients en spécialité, des tests préalables sont exigés aveuglément, même si nous les jugeons non pertinents. Enfin, il faut revenir à la base en impliquant et en éclairant nos patients pour chacune de nos décisions qui les concerne, car bien souvent, ils n’en demandent pas tant et c’est pour nous sécuriser, comme médecin, que nous surdiagnostiquons et surtraitons nos patients.

 

AMQ-info : Avez-vous découvert des outils ou des façons de faire qui vont vous aider dans votre pratique ?

Dr Demers : L’initiative Choisir avec soin, le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs, certains sites internet comme TheNNT, ou encore plusieurs outils de l’INESSS permettent de mieux réfléchir à ma pratique. Il existe aussi de l’information destinée aux patients, ce qui permet de mieux orienter nos discussions et de briser les mythes.

 

AMQ-info : Comment abordez-vous la question du surdiagnostic et du surtraitement avec vos patients ? Est-ce que cela a évolué dans les dernières années ?

Dr Demers : Je leur explique que les recommandations médicales évoluent, ce qui est le signe d’une démarche critique et scientifique. Je prends le temps de leur expliquer les risques et bénéfices des investigations proposées. J’utilise parfois les tableaux existants qui montrent combien de personnes sur 1000 vont bénéficier d’une investigation ou d’un traitement, et combien en subiront au contraire des effets néfastes. Chez les patients qui utilisent des médicaments depuis longtemps, je révise périodiquement avec eux l’indication de les continuer et j’essaie de déprescrire ceux dont le bienfait n’est plus évident. Je suis beaucoup plus sensible à ces questions depuis les deux dernières années qu’auparavant. Je pense que le vent tourne dans la culture médicale.

 

AMQ-info : Qu’est-ce que vous comptez changer dans votre pratique après avoir suivi cette formation ?

Dr Demers : C’est déjà commencé, j’essaie de revenir à la base, à la clinique, au questionnaire et à l’examen physique, de réfléchir aux implications de chacune de mes interventions et d’impliquer davantage les patients dans les décisions. Le principal obstacle demeure le temps que cela exige.

 

AMQ-info : Quelque chose à ajouter ?

Dr Demers : La formation était excellente!

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