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Cannabis : hausse de l’âge légal à 21 ans

Comme promis au cours de la campagne électorale, la CAQ a déposé un projet de loi pour hausser l’âge légal requis pour consommer du cannabis.  « Je veux envoyer un message très clair aux jeunes: c’est dangereux, la consommation de cannabis et cela peut entraîner des problèmes graves comme la schizophrénie, » a souligné le premier ministre François Legault. S’il avait pu, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux M. Lionel Carmant, aurait fait passer l’âge minimal requis de 18 à 25 ans. En le fixant à 21 ans, il dit avoir fait un « compromis entre la science et l’acceptabilité sociale ». 

Le projet de loi 2 a reçu l’appui de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), de l’Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ) et de l’Association des médecins d’urgence du Québec (AMUQ). En revanche, l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) et l'Association des spécialistes en médecine préventive du Québec, tout en considérant le cannabis comme une substance comportant des risques, a tenu a rappelé qu’« hausser l'âge légal pour l'achat et la possession de cannabis va à l'encontre des conclusions des consultations ayant eu lieu à travers le Québec et du Forum d'experts qui étaient 60 à 67 % en faveur d'un âge légal cohérent avec celui du tabac et de l'alcool ».

Selon la santé publique, les études démontrent « clairement » qu'il est préférable de retarder au maximum la première consommation de cannabis, ce qui nécessite bien sûr de lutter contre les risques de banalisation, mais la science de la prévention montre aussi qu'il y a de meilleurs moyens que la répression. 

L’AMPQ reconnaît qu’il y a deux écoles de pensée qui ont des opinions partagées sur le sujet. Selon elle, il est vrai que les jeunes qui consomment déjà du cannabis continueront à le faire indépendamment de l'âge légal. « Mais, pour d'autres, cette barrière reportera le début de la consommation et protégera ces jeunes que les psychiatres et urgentologues voient si souvent en psychose à leurs urgences », a souligné la Dre Karine J. Igartua, présidente de l’AMPQ.

De son côté, la FMSQ assure que chaque spécialité aborde le sujet d’un angle bien particulier, mais que 71,8 % de ses membres sont en désaccord avec une légalisation à partir de 18 ans alors que plus de 80 % préconisent une légalisation à 21 ou 25 ans pour des raisons de santé.

Sur Twitter, le clivage entre les effets cliniques et sociaux de la hausse à 21 ans a entraîné tout un débat entre plusieurs médecins.

 

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