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Système de santé : la survie passe par plus de souplesse organisationnelle

Lors de la campagne électorale, François Legault a promis de faire de l’éducation une priorité nationale. Une bonne nouvelle en soi quand je pense à l’avenir de mes enfants, mais aussi une suite de questions sans réponse sur le contrecoup que cela peut engendrer en santé. L’éducation est le second poste budgétaire, la santé le premier, très, très loin devant.

La population fait de la santé sa priorité, ce qui n’a pas empêché les coupures des dernières années dans le réseau. Mais le système de santé continue d’accaparer année après année près de la moitié du budget programme. On attend donc du gouvernement de faire plus avec moins ou dans le meilleur des cas, au moins autant.

À l’AMQ, nous avons toujours soutenu qu’il y avait assez d’argent dans le système. Nous avons aussi expliqué et répété que seul un changement de paradigme pouvait changer la donne. Négocier les conditions de pratique des professionnels de la santé et l’organisation du système n’a pas donné les résultats escomptés et ne permet pas de respecter la capacité de l’État de payer. 

Après 30 ans sous un régime de négociation, nous devons nous faire une raison et accepter que ni la population ni les médecins n’en sortent gagnants. Bien sûr, on nous accuse d’avoir moins souffert que les autres professionnels de la santé en raison des augmentations qui nous ont été consenties, mais nous avons pourtant payé le prix fort en matière de santé et de conditions de pratique.

Repartir sur de bonnes bases

Heureusement, depuis le 1er octobre, bien qu’il soit encore timide, un vent de collaboration semble souffler. Nous les médecins, nous voulons repartir sur de nouvelles bases, et bien qu’encore sur la défensive, nous sommes plus nombreux à accepter de participer à des solutions. C’est le cas dernièrement par exemple avec Rendez-vous santé Québec (RVSQ). Le gouvernement est de son côté à l’écoute et se dit prêt à donner une dernière chance aux médecins de livrer la marchandise.

Reste à se mettre d’accord sur ce que l’on entend par là et à éviter les erreurs passées. Si l’on essaie une fois de plus de négocier nos conditions de pratique en même temps que nos revenus, quelles sont nos chances de réussir là où nous avons échoué depuis 30 ans!

Cette façon de faire oblige les gouvernements à développer des solutions peu efficaces en matière d’organisation. La saison de la grippe en est un exemple. Le plus efficace serait d’employer des infirmières et/ou des médecins supplémentaires pour faire un triage plus draconien à l’urgence et de renvoyer chez eux les patients qui s’y présentent sans une raison médicale urgente. Mais cela demanderait des négociations complexes avec les syndicats, un ajustement de PREM ou de dépannage, voir l’instauration d’un no-fault pour les infirmières ayant la charge du triage.

La ministre n’avait d’autre choix que de trouver une solution hors hôpital. Elle a donc choisi de créer des cliniques d’hiver et doit maintenant négocier avec les médecins de famille pour assurer leur participation lors de plages horaires élargies. La FMOQ a déjà annoncé publiquement avoir demandé à ses membres de collaborer, les assurant que des modifications seraient apportées à certaines ententes avec le gouvernement.

Impossible d’avoir de la souplesse organisationnelle en négociant! Les ententes sont des contrats complexes, longs à mettre en place et où la reddition de compte est difficile.

Pour sortir de cette spirale, les médecins doivent construire des structures dans lesquelles ils ont une responsabilité conjointe et non plus individuelle de la prise en charge des patients, selon les lignes directrices des pratiques exemplaires et qui respectent la capacité de payer de l’État. C’est le seul moyen d’avoir un contrôle des coûts possible et de répondre aux besoins des patients et des médecins.

Dr Hugo Viens, B. Sc., M.D., FRCSC 
Président de l'Association médicale du Québec

 

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