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IFMSA 2018 : des échanges internationaux sur des thèmes universels

Plus de 800 étudiants en médecine de partout dans le monde se sont rencontrés à Montréal, du 2 au 5 août derniers, lors de la tenue du Symposium de la santé de la Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine (IFMSA). L’Association médicale du Québec (AMQ) est très fière d’avoir été le commanditaire principal de l’événement car elle considère que les étudiants en médecine, future génération de médecins d’où qu’ils soient à travers le monde, sont l’avenir de la profession. Mais aussi parce que le thème progressiste de cette année, la responsabilité sociale, concorde avec la vision et la mission de l’AMQ.

Une soirée de lancement inspirante

Lors de la soirée d’ouverture, Mme Claudel P-Desrosiers, présidente du Symposium et membre de l’AMQ, a livré un message stimulant. Pour elle, cette association a les moyens de ses ambitions, ne serait-ce que parce qu’elle est capable de faire naître des amitiés internationales, de permettre à ses membres de grandir ensemble et de développer leur potentiel en plus d’être une source d’inspiration les uns pour les autres. Bref, de permettre à ces futurs médecins de devenir des leaders qui ont compris qu’ils ont une responsabilité sociale qui va au-delà de la santé des populations.

IFMSA COMITE ORGANISATEUR

Le comité organisateur du Symposium.

La Dre Yun Jen, présidente sortante de l’AMQ, a poursuivi sur ce thème de la responsabilité sociale des médecins d’aujourd’hui. « De plus en plus, les médecins sont sensibles à cette nouvelle vision de la médecine. La profession est en transformation. Une nouvelle définition du professionnalisme émerge. Nous, médecins d’aujourd’hui et de demain, avons une double responsabilité envers la collectivité, en plus de notre responsabilité individuelle envers nos patients : nous devons utiliser les ressources de façon optimale et nous soucier de la santé populationnelle, a-t-elle déclaré. Nous devons tous travailler pour le développement durable de nos sociétés et la pérennité de nos systèmes de santé. Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre l’avenir de nos générations futures. Nous devons avoir une vision à long terme qui tient compte des dimensions environnementale, sociale et économique des activités de ce développement. Et la médecine en fait partie. »

IFMSA YUN MOT OUVERTURE

La Dre Yun Jen a abordé les thèmes de la responsabilité sociale et du développement durable.

Le Dr Marcoux, président de l’Association médicale canadienne, s’est aussi adressé aux participants. Il a abordé le fait que la médecine est en changement et que les médecins d’aujourd’hui et de demain ont un rôle crucial à jouer étant donné que les avancées technologiques ont repoussé les frontières de l’impossible. Les patients doivent être considérés comme des partenaires et non des consommateurs, a par ailleurs ajouté le Dr Marcoux avant de rappeler aux jeunes participants que cette profession est maintenant la leur. Pour trouver des solutions aux problèmes de leur profession, il faut qu’ils soient prêts à penser différemment. 

IFMSA LAURENT OUVERTURE

Le Dr Laurent Marcoux a parlé de redéfinition de la profession médicale.

Des sujets universels

L’AMQ et l’AMC ont aussi animé conjointement deux ateliers sur des sujets universels : l’aide médicale à mourir et le professionnalisme.

Le samedi matin, la Dre Yun Jen de l’AMQ ainsi que Mme Cécile Bensimon, directeur, Éthique et Affaires professionnelles de l’AMC, ont sensibilisé les quelque 50 futurs médecins participant à l’atelier sur l’aide médicale à mourir aux questions éthiques en plus de dresser le portrait de la situation au Québec et au Canada.

IFMSA YUN AIDE MEDICALE A MOURIR

L’aide médicale à mourir a suscité beaucoup d’intérêt de la part des participants.

Le médecin doit-il absolument protéger le côté sacré de la vie ou doit-il être à l’écoute des besoins du patient et agir par compassion ? Est-ce toujours tout blanc ou tout noir ? Dans la vraie vie, le médecin peut aussi se situer entre ces deux pôles. Afin de pouvoir aborder la question dans une perspective éthique, le médecin et le futur médecin doivent entreprendre une démarche afin d’établir leurs propres positions respectives fondées sur leurs valeurs. La notion d’autonomie du patient a aussi été abordée ainsi que celle d’objection de conscience des médecins.

Comment cela s’applique-t-il au quotidien pour les médecins québécois et canadiens ? Les deux présentatrices ont clairement expliqué les situations provinciale et nationale ainsi que le flou dans l’interprétation de la loi. En effet, la loi québécoise parle de mort imminente, tandis qu’au Canada, c’est plutôt la notion de mort raisonnablement prévisible qui prévaut. Le Québec est donc plus sévère que le Canada mais la loi fédérale a préséance sur la loi provinciale. Ce vide juridique devra être clarifié devant les tribunaux. Pour le moment, les médecins québécois se retrouvent dans un climat d’incertitude et d’incompréhension. Les prochains défis auxquels seront confrontés les médecins ont aussi été abordés : l’élargissement de l’aide médicale à mourir dans des cas de santé mentale, de mineurs matures et de demandes d’aide anticipée.

Plusieurs participants ont exprimé leur préoccupation quant au rôle du médecin dans ce processus et le fait que le curriculum de leur faculté n’abordait peu ou pas le côté humain de l’aide médicale à mourir. Mais le principal message qui est ressorti de cet échange est le fait que la façon de voir la médecine est en train de changer. Ce n’est pas protéger la vie à tout prix, c’est répondre aux besoins de la population.

Le dimanche matin, Mme Bensimon, de l’AMC, et Dr Abdo Shabah, membre des conseils d’administration de l’AMQ et de l’AMC, ont abordé le thème du professionnalisme médical devant quelque 40 participants. Après avoir brossé le tableau de la situation à l'échelle nationale et provinciale, ils ont défini les notions de professionnalisme et de contrat social, et présenté le rôle du médecin par rapport aux attentes de la population. Ils ont aussi fait la différence entre l’éthique, qui relève des valeurs, et la déontologie, qui touche plutôt la pratique et les normes de pratique.

IFMSA ABDO PROFESSIONNNALISME

Les participants ont bien compris que le professionnalisme médical est en redéfinition et qu’ils font partie de cette réflexion.

L’AMQ et l’AMC considèrent que le professionnalisme est un enjeu pour l’avenir de la pratique et de nos systèmes de santé. C’est pourquoi ils en ont fait un dossier prioritaire. L’AMC vient de rendre publics sa Charte des valeurs communes, le Code d’éthique et de la profession, ainsi que le Cadre de responsabilisation. De son côté, l’AMQ est partie en tournée à travers le Québec pour discuter avec les médecins de cet enjeu et de pistes de solution telles que le leadership et la gouvernance clinique.

Les participants à cet atelier ont exprimé leur désir de parler de leadership davantage et mieux dans le cadre de leur curriculum. « Leadership » n’égale pas seulement « médecins gestionnaires » mais aussi « professionnalisme médical ». En réponse à leur questionnement quant au niveau d’engagement de chacun par rapport au leadership, les conférenciers leur ont démontré que cela peut se vivre de plusieurs façons : faire de la formation continue sur des sujets autres que cliniques, s’investir dans un projet à l’hôpital, démarrer un nouveau projet, innover, prendre une nouvelle responsabilité. Là encore, le principal message qui s’est dégagé de cette période de commentaires est le fait que le professionnalisme médical est en redéfinition… tout comme la façon de voir la médecine.