Projet de loi 130 : Un projet de loi qui vient affaiblir le partenariat médico-administratif (Communiqué)

Montréal, le 15 février 2017 – L’Association médicale du Québec (AMQ) accueille de façon mitigée le projet de loi no 130. Bien que nous comprenions les intentions derrière le projet de loi, l’AMQ demeure inquiète des moyens qui sont utilisés pour influencer le cours des choses. À un moment où le réseau de la santé est déjà ébranlé par les dernières réformes, ce projet de loi vient affaiblir encore davantage le partenariat médico-administratif en limitant les prérogatives des médecins gestionnaires. C’est pourquoi nous nous sommes présentés en commission parlementaire et avons déposé un mémoire incluant des recommandations précises ainsi que des pistes de solution qui pourraient régler à la fois les problèmes actuels et contribuer à maintenir la mobilisation des différents acteurs engagés dans ces changements.

« Une réforme, surtout dans une structure aussi vaste et complexe que le réseau québécois de la santé, nécessite un temps d’intégration. La grande majorité des chefs de département viennent à peine d’être nommés à leur poste de médecin gestionnaire et ils doivent avoir le temps de s’approprier leur rôle dans les nouvelles structures. Le projet de loi no 130 devrait valoriser le travail des médecins gestionnaires en misant sur le renforcement du partenariat médico-administratif », de souligner Dre Yun Jen, présidente de l’AMQ.

Dans un sondage commandé par l’AMQ en 2016, les médecins gestionnaires disaient être mobilisés par la volonté et la capacité d’influencer l’organisation des services médicaux et cliniques. Toutefois, une majorité d’entre eux partageaient un sentiment d’inefficacité dans leurs fonctions, soit la difficulté perçue à faire évoluer les dossiers. À défaut d’encourager les médecins gestionnaires à participer au partenariat médico-administratif à l’intérieur d’une nouvelle gouvernance clinique, le projet de loi no 130 vient plutôt stopper l’élan d’intégration des dernières réformes qui ont à peine un an.

«  Le ministre Barrette, en tant que médecin, sait comme nous que la dose d’un médicament peut devenir un poison si elle est trop forte. C’est pourquoi l’AMQ demande des modifications au projet de loi no 130 pour éviter que la dose ne soit toxique. Tout comme le ministre, les médecins gestionnaires souhaitent améliorer notre système de santé et des services sociaux. Donnons-leur la chance de le faire », d’ajouter Dr Hugo Viens, vice-président de l’AMQ.

 

À propos de l’AMQ

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