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L'AMQ participe à la consultation sur la garantie d'accès

mardi 04 avril 2006

Il faudra une plus grande contribution du privé pour améliorer l'accessibilité des soins

Montréal, le 4 avril 2006 — « Il faut envisager un apport plus important du secteur privé dans le financement et dans la prestation des services de santé que celui prévu dans le  plan Couillard  », affirme le Dr Robert Ouellet, président de l'Association médicale du Québec (AMQ), à la veille de présenter devant la Commission des affaires sociales le mémoire préparé par l'AMQ dans le cadre de la consultation sur le document ministériel Garantir l'accès : un défi d'équité, d'efficience et de qualité.

Les discussions du comité de réflexion mis en place par l'AMQ ainsi que les résultats des sondages menés auprès des médecins et de la population du Québec dans la dernière année ont mené à l'adoption d'une position pragmatique et non idéologique, axée sur des moyens concrets d'améliorer l'accessibilité des services, tout en respectant les valeurs chères aux Québécois. « Nous croyons que s'il est adéquatement balisé, le recours au privé peut constituer une incitation à l'efficacité et contribuer à introduire une saine émulation entre les établissements qui offrent les services », déclare le porte-parole de l'AMQ.

Dans son mémoire, l'AMQ réitère son appui au maintien du financement public fort ainsi qu'au principe d'un accès égal au système et aux ressources professionnelles pour tous les citoyens sans égard à leur capacité de payer. Une approche de libre marché qui permettrait aux citoyens aisés d'accéder aux soins plus rapidement est donc exclue parce qu'elle va à l'encontre du principe d'équité. Ceci étant dit, l'AMQ croit également que le statu quo n'est pas non plus une option viable.

« Les médecins devraient être autorisés à pratiquer dans les deux secteurs, privé et public, dans certaines disciplines épargnées par les pénuries, où l'offre de services est excédentaire », croit le Dr Ouellet. Tout en respectant l'idée d'une séparation étanche entre les dispensateurs de services financés par le secteur public ou par le secteur privé, l'AMQ croit que le gouvernement devrait permettre la double prestation à condition que cette pratique se traduise par l'amélioration de l'accessibilité des services, l'augmentation de la capacité du système de santé et la diminution des temps d'attente. « Les chirurgiens en manque de temps opératoire dans le système public constituent un bon exemple de sous-utilisation de spécialistes qu'il faut corriger. »

Le gouvernement devrait aussi abolir les plafonds salariaux des omnipraticiens, un obstacle à l'accessibilité qui n'a plus sa raison d'être. Dans le même ordre d'idée, l'instauration de modes de rémunération et de conditions de pratique appropriés favoriserait la prise en charge des personnes souffrant de maladies chroniques.

Par ailleurs, l'AMQ croit que la population devrait pouvoir contracter une assurance privée pour un ensemble d'activités médicales et chirurgicales. Les cliniques spécialisées affiliées devraient pouvoir offrir un large éventail d'interventions ne nécessitant pas le recours aux lourdes infrastructures hospitalières, et non pas se limiter aux interventions faisant l'objet de la garantie de traitement proposée (hanche, genou, cataracte). « Avec des mécanismes appropriés de monitorage, estime le président de l'AMQ, cette ouverture au privé peut très bien se faire sans que le secteur public n'en souffre. »

De plus, l'AMQ est d'accord avec la mise sur pied d'un « compte santé et services sociaux » qui regrouperait toutes les dépenses de santé et de services sociaux et serait accompagné d'un mécanisme statutaire annuel de reddition de comptes. L'AMQ est aussi d'accord avec l'instauration d'un régime d'assurance contre la perte d'autonomie, dont la caisse serait administrée de façon indépendante par la Régie des rentes du Québec.

Enfin, favorable à l'idée de mener des campagnes de prévention et d'information auprès de la population, l'AMQ suggère au gouvernement d'introduire des mesures incitatives, notamment fiscales, s'adressant aux personnes qui choisissent d'adopter de saines habitudes de vie et aux entreprises qui faciliteraient un tel choix.

Le 5 avril, le Dr Robert Ouellet sera disponible pour répondre aux questions des journalistes à 14 h 30, juste avant la reprise des auditions, devant la salle du Conseil législatif de l'hôtel du Parlement. L'AMQ présente son mémoire à 17 h.

Source :   Chantal Mantha

Conseillère en communication

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