Les délais pour les échographies confirment le problème de pertinence des soins identifié par l’AMQ

Montréal, le 21 septembre 2017 – Le président de l’Association des radiologistes du Québec (ARQ), le Dr Vincent Oliva, a reconnu en entrevue aujourd’hui que jusqu’à 30 % des examens d’imagerie ne sont pas pertinents. Cette déclaration confirme, encore une fois, l’importance des travaux de l’Association médicale du Québec (AMQ) sur la nécessité de prévenir le surdiagnostic et de s’attaquer à la pertinence des soins.

Un sondage Léger commandé par l’ARQ montre qu’il y a plus de demandes d’échographie depuis que le gouvernement du Québec assure une couverture de ces dernières dans les cabinets privés. Selon le Dr Oliva, les radiologistes font plus d’échographies qu’avant, mais l’attente augmente malgré tout : un problème directement lié à la pertinence des demandes. Trop d’examens sont demandés et les rendre plus facilement accessibles n’aide pas à remédier à cette situation.

Depuis 2013, l’AMQ, chiffres et études scientifiques à l’appui, sensibilise les médecins et les décideurs à cet enjeu. L’été dernier, l’AMQ a réuni des experts de 21 pays pour discuter des meilleures façons d’agir contre le surdiagnostic et le surtraitement lors de la 5e Conférence internationale sur la prévention du surdiagnostic, dont elle était l’hôte.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, M. Gaétan Barrette, a reconnu lors de cet événement l’importance de s’attaquer au phénomène du surdiagnostic. Il a évalué les coûts reliés au problème de pertinence des soins au Québec autour de 650 millions de dollars. L’AMQ maintient que ce sont plutôt de 3 à 5 milliards qui pourraient être utilisés plus judicieusement chaque année, en raison des coûts associés aux effets collatéraux des examens inutiles.   

« Que l’on parle de 650 millions ou de 3 milliards de dollars ne change rien au fait qu’il faut s’attaquer à ce problème a déclaré le Dr Hugo Viens, président de l’AMQ. En plus de réduire les difficultés d’accès, prévenir le surdiagnostic et le surtraitement permettrait d’améliorer la santé des populations.»

Le 17 août dernier, le ministre a mentionné son intention de collaborer avec l’AMQ sur ce dossier. L’AMQ, tout comme l'ARQ, estime que si l’on veut régler la question de l’accès aux soins il faut s’attaquer à la pertinence des soins. L’AMQ réitère donc au ministre de la Santé l’urgence de s’atteler à la tâche par des actions concrètes et l’invite à soutenir des solutions efficaces tel Choisir avec soin Québec. 

 

À propos de l’AMQ

L'Association médicale du Québec regroupe 10 500 omnipraticiens, spécialistes, résidents et étudiants en médecine. Sa mission est de rassembler l’ensemble de la profession médicale du Québec dans un contexte de réflexion et d’action au bénéfice de la santé de la population.