Une nouvelle coalition revendique le maintien du commissaire à la santé et au bien-être (Communiqué)

Née de l'initiative d'une citoyenne de Jonquière, la Coalition pour le maintien du Commissaire à la santé et au bien-être a vu le jour dernièrement. Les membres de cette coalition, qui se veut non partisane et de tout horizon, croient que l'abolition du CSBE représente un recul important pour nos services publics et tiennent à unir leurs voix pour le dénoncer.

Instigatrice et porte-parole de la Coalition, Line Bélanger s'inquiète de l'éventuelle disparition du CSBE.  "Le gouvernement est sur le point d'abolir l'équivalent du vérificateur général pour la santé.  Alors que les dépenses en santé représenteront bientôt près de la moitié du budget québécois, nous avons plus que jamais besoin d'une institution comme le CSBE."

« L’Association médicale du Québec considère que le Bureau du CSBE est la seule instance pouvant porter un regard macro sur l’ensemble du système de santé québécois en toute objectivité, a déclaré Dre Yun Jen, présidente de l’Association médicale du Québec. De plus, à l’heure des transformations radicales du réseau découlant des lois 10 et 20, les points de vue du commissaire sont primordiaux afin d’évaluer concrètement et en toute indépendance l’effet réel de ces transformations et ainsi permettre à la profession médicale de mieux répondre aux besoins de la population. »

« Rappelons que c’est M. Philippe Couillard qui a proposé la création du Commissaire à la santé et au bien-être alors qu’il était ministre de la Santé et des Services sociaux.  Lors de l’adoption du principe du projet de loi créant le CSBE en décembre 2004, il a affirmé qu’«il est très important pour le Québec, pour l’État du Québec, de disposer d’un tel mécanisme de reddition de comptes et d’imputabilité». Qu’est-ce qui a changé onze ans plus tard ?  Est-ce que le besoin de rendre des comptes est moins important ?  Le premier ministre doit s’expliquer. », a affirmé Donald Tremblay, président de l’Association des retraité(e)s des secteurs public et parapublic du Québec (AQRP).

De son côté, l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ-CSQ) rappelle qu’au cours des dix dernières années, le Commissaire a publié de nombreux rapports indépendants, notamment à propos de la qualité de l’hébergement des personnes aînées et des soins à domicile. « Les investissements dans les soins à domicile, par exemple, font l’objet de beaux discours, mais dans les faits, c’est difficile de savoir si l’argent promis est au rendez-vous et aussi d’avoir un portrait juste de la situation. Nous avons donc besoin du regard neutre et indépendant du Commissaire et on voit mal comment le ministère de la Santé pourrait faire une évaluation objective et critique de son propre travail », souligne Ginette Plamondon, conseillère à l’action sociopolitique et à la condition des femmes à l’AREQ.

Pour la Confédération des syndicats nationaux (CSN), il est inacceptable de priver la population de cette source inestimable d’informations sur l’état du système de santé et de services sociaux. « Cela est d’autant plus vrai maintenant avec la mise en place de la Loi 10 qui désorganise le réseau et qui, déjà, a des impacts désastreux sur la qualité des soins et sur les conditions de travail du personnel. De toute évidence ce n’est pas pour des raisons budgétaires qu’on fait disparaitre le Commissaire à la santé mais pour éviter dans l’avenir toute critique impartiale des réformes du ministre Barrette. » affirme Jean Lortie, secrétaire général de la CSN.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) dénonce ce recul démocratique dangereux sans précédent :"En abolissant ce poste, le ministre fait preuve d'un manque de transparence flagrant et c'est inquiétant. Avec les nombreuses réformes qu'il impose, il est essentiel de surveiller et d'évaluer les conséquences des décisions du ministre Barrette. C'est d'ailleurs pour cette raison que la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ) et la Fédération des syndicats de la santé et des services sociaux (F4S-CSQ) ont initié la pétition demandant le maintien du poste de Commissaire à la santé et au bien-être", déclarent d'une même voix, Sonia Éthier, vice-présidente de la CSQ, Claire Montour, présidente de la FSQ-CSQ et Claude Demontigny, président de la F4S-CSQ.

Le regroupement Jeunes médecins pour la santé publique (JMPSP) est particulièrement préoccupé par l'abolition de cette instance. La santé publique s'assure que tous les déterminants de la santé s'améliorent pour la population, les services de santé étant un de ces déterminants. Le Commissaire évaluait la performance et les résultats du système de santé. Dre Marie-Ève Beauregard, membre active de JMPSP, mentionne que « l’accessibilité aux soins et services de santé est un enjeu de santé publique et par le fait même, l’accessibilité devait être un thème exploré lors des prochains travaux du Commissaire, avant son abolition. »

Le Mouvement Citoyen pour la Santé Publique (www.mieuxvautprevenir.org) est profondément préoccupé par l'abolition de l'une des dernières voix neutres et objectives capable d'analyser le système de santé Québécois.  L'abolition du CSBE vient malheureusement s'ajouter aux coupes récentes et massives que le gouvernement a imposé aux équipes de prévention au Québec.  Ces coupes ont elles aussi affaibli la capacité d'examiner de façon objective l'apport du système de soins à l'amélioration réelle de la santé de la population.  L'abolition du CSBE est un recul démocratique très grave qui doit être dénoncé et renversé.

À eux seuls, les membres de la Coalition représentent plus d’un demi-million d’individus, hommes et femmes, de toutes les régions du Québec, de différents milieux, citoyen(ne)s, travailleuses et travailleurs de la santé, professionnel(le)s, retraité(e)s, etc. D'une seule voix, ces Québécoises et Québécois disent au Gouvernement du Québec que leur système de santé est trop précieux pour le laisser à la merci de différents intérêts corporatistes, industriels ou économiques. "Nous demandons au gouvernement de maintenir le Commissaire à la santé et au bien-être dans sa forme actuelle et de lui garantir les budgets nécessaires à son bon fonctionnement."