Tuesday 18 March 2008
Montréal, le 18 mars 2008 – Les résultats provinciaux du sondage national des médecins, rendus publics aujourd’hui par l’Association médicale canadienne, démontre hors de tout doute que l’accessibilité des services médicaux demeure toujours problématique au Québec.
Selon le Dr Jean-Bernard Trudeau, président de l’Association médicale du Québec, ces problèmes concernent non seulement l’accès à un médecin de famille, mais également l’accès à certaines spécialités comme l’orthopédie et la psychiatrie. « Les médecins du Québec ont la perception que, dans plusieurs cas, la situation s’est dégradée depuis le dernier sondage en 2004. »
En effet, les médecins de famille du Québec considèrent passable ou faible l’accès qu’ont leurs patients aux psychiatres (61 %, contre 58 % en 2004) et aux orthopédistes (61 %, contre 48 % en 2004).
L'accès aux services diagnostiques de routine a été qualifié de passable à faible par 21 % des médecins québécois (15 % en 2004). Quant à l’accès aux services diagnostiques de pointe, c’est plus de la moitié des médecins du Québec (53 %) qui le trouvent passable ou faible.
L’accès aux médecins de famille est un défi pour les spécialistes qui tentent de retourner les patients dans les contextes de soins de première ligne. Le pourcentage des autres spécialistes considérant que cet accès est passable ou faible était de 64 % au Québec, alors qu’il était de 47 % en 2004.
Il est réconfortant de constater que les médecins (84 %) tirent une grande satisfaction des relations avec leurs patients.
Près de 75 % des médecins sont satisfaits des relations qu’ils ont entre eux. Les médecins travaillent de plus en plus en collaboration selon des ententes formelles et informelles au sein de leurs pratiques. En fait, 93 % des médecins qui dispensent des soins en collaboration sont d’avis que ces relations de travail améliorent les soins que reçoivent leurs patients et 92% croient que la collaboration améliore les soins qu’ils dispensent à leurs patients.
Moins de la moitié des médecins québécois (49 %) sont satisfaits de leurs relations avec les hôpitaux. C’est l’un des taux de satisfaction le plus bas au pays. On peut penser que les récents chambardements de structures dans le système de santé ne sont pas étrangers à ce phénomène.
Pas moins de 71 % des spécialistes et 53 % des omnipraticiens considèrent que le financement constitue la principale entrave aux soins. Les deux autres facteurs les plus évoqués sont la bureaucratie (54 % chez les omnipraticiens – 51 % chez les spécialistes) et la disponibilité du personnel (45 % chez les omnipraticiens – 66 % chez les spécialistes)
« Il est clair que le financement et la pérennité du système de santé est une préoccupation importante chez les médecins, souligne le Dr Trudeau. Cette préoccupation est particulièrement ressentie chez les spécialistes, dont la pratique en établissement est souvent tributaire de la disponibilité de personnel spécialisé, d’infrastructures et d’équipements. »
« Les résultats du sondage révèlent que les médecins, comme la plupart des Québécois, recherchent un meilleur équilibre entre leur travail et leur vie personnelle, affirme le Dr Trudeau. C’est vraisemblablement pour cette raison que pas moins de 37 % des médecins omnipraticiens (40 % chez les spécialistes) disent vouloir réduire leur semaine de travail au cours des deux prochaines années. »
Le manque de services de dépannage pour couvrir les pratiques des médecins de famille n’aide pas non plus. Près de la moitié des médecins de famille (47 %) ont indiqué ne pas avoir utilisé les services d’un médecin dépanneur l’an dernier parce qu’ils n’ont pu en trouver un. « C’est le taux le plus élevé au Canada. Ceci a de graves répercussions sur la satisfaction au travail et l’épuisement professionnel. »
« Par ailleurs, rappelle le Dr Trudeau, le Québec est la province au pays qui compte le pourcentage le plus élevé de femmes médecins, rappelle le président de l’AMQ. Or, comme l’a démontré la récente étude commandée par l’AMQ sur la féminisation de la profession nous savons qu’en début de carrière, le nombre d’heures travaillées par les femmes est d’environ 10 % moindre que pour les hommes. Même si cet écart tend à diminuer au fil des ans, il peut avoir un impact sur le pourcentage d’heures moyen observé pour l’ensemble de la profession. »
Enfin, 5 % des médecins prévoient prendre leur retraite au cours des deux prochaines années (4 % chez les omnipraticiens, 6 % chez les spécialistes).
« De toute évidence, souligne le Dr Trudeau, les résultats du sondage portant sur les prévisions de diminution du nombre d’heures de travail et sur les prévisions de retraite laissent croire que les problèmes d’accès aux services médicaux se feront encore sentir au cours des prochaines années. »
Le décontingentement des admissions dans les facultés de médecine amorcé en 2003 années prendra encore quelques années à donner des résultats concrets. « D’ici là, il nous faudra faire preuve d’innovation et de créativité afin d’améliorer l’organisation du travail et de mieux travailler en équipe », conclut le Dr Jean-Bernard Trudeau.
L’AMQ est une organisation non syndicale regroupant plus de 9000 médecins, spécialistes et omnipraticiens, résidents et étudiants en médecine. Elle a pour mission de rassembler et soutenir les médecins du Québec afin de garantir à la population québécoise des soins et des conditions de santé de qualité.
Source : Robert Nadon
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